Alexandra Palt (L'Oréal) : "En matière de développement durable, on apprend en marchant"

À l’occasion de la Semaine européenne du développement durable, Alexandra Palt, directrice générale de la Responsabilité sociétale et environnementale du groupe L’Oréal et directrice générale de la Fondation L’Oréal, explique à FashionNetwork.com comment le géant mondial opère pour améliorer ses produits et son impact sur l’environnement et souligne les challenges rencontrés pour expliquer ce travail aux consommateurs. Un entretien à retrouver intégralement dans la newsletter Premium de FashionNetwork.com.

Alexandra Palt s’est très tôt spécialisée sur les questions des droits de l’Homme et a notamment travaillé au sein d’Amnesty International en Allemagne et de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE). C’est en 2012 qu’elle a rejoint le géant mondial de la beauté où elle est directement rattachée à Jean-Paul Agon, le PDG du groupe.


Alexandra Palt - Philippe Calandre pour L’Oréal

FashionNetwork.com : Lors de votre arrivée chez L’Oréal, vous avez lancé Sharing Beauty with All, le programme de développement durable du groupe. Où en êtes-vous des objectifs fixés pour 2020 ?

Alexandra Palt : Nous sommes en bonne voie, même si nous n’atteindrons sans doute pas tous nos objectifs. Nous dépassons certains objectifs, comme par exemple celui concernant la réduction de nos émissions de CO2. Nous nous sommes engagés à réduire de 60 % en valeur absolue les émissions de CO2 liées à notre production et à fin 2017, nous avions déjà atteint une réduction de 73 %. En revanche, nous savons que nous n’allons pas atteindre notre objectif de réduction de déchets, lui aussi à -60 % d’ici à 2020.

Nous avons fait le choix de définir comme « déchets » tout ce qui n’est pas un produit fini, ce qui est d’une grande exigence. Fin 2017, nous avons atteint une réduction de 35 % des déchets par produit fini et nous revalorisons 96 % de nos déchets. Donc si nous risquons de ne pas atteindre notre objectif 2020, nous arriverons en revanche certainement à presque 100 % de revalorisation. En matière de développement durable, on apprend en marchant et c’est justement le propre d’une vision : on se fixe une ambition et c’est cela qui nous entraîne à repenser nos métiers et notre manière de concevoir, nos produits. Voilà ce qui se passe chez l’Oréal et c’est cela notre plus grande réussite. 

FNW : L’Oréal communique de façon très régulière sur ses performances environnementales, que répondez-vous aux plus sceptiques ?  

AP : Communiquer sur le développement durable, c’est une vraie responsabilité et je sais que - particulièrement en France - les gens sont méfiants. Mais il faut être très clair : dans un monde de l’hyper-transparence, si L’Oréal faisait du greenwashing, cela se saurait ! Les chiffres que nous communiquons chaque année soulignent notre objectif de transparence sur nos résultats. Et en tant que leader de l’industrie, nous avons aussi une responsabilité : ce que nous faisons peut encourager d’autres à faire pareil. Il faut également sensibiliser chacun sur « sa » propre responsabilité, pour cela, il faut parler sans arrêt du développement durable, du changement climatique et de ce que chaque consommateur peut faire. Car lorsqu’ils achètent des produits cosmétiques, les consommateurs ne pensent pas forcément au développement durable : tant qu’ils ne seront pas dans cette logique, il sera difficile d’avancer aussi vite que ce que nous voudrions.

FNW : Justement comment expliquer au consommateur final le travail que L’Oréal entreprend pour améliorer ses produits et son impact sur l’environnement ?

AP : Nous menons des études depuis plusieurs années sur ces sujets et j’aimerais pouvoir vous donner une réponse simple et claire, mais cela reste encore un challenge. En tant qu’entreprise, nous voulons nous améliorer de façon continuelle et nous avons pris l’engagement que 100 % de nos produits démontreront une amélioration de leur profil environnemental ou social d’ici à 2020. Même s’il est probable que nous n’atteignons pas ce chiffre, ce qui est vraiment intéressant dans cette démarche, c’est que cela transforme toute la manière de faire : introduire du plastique recyclé dans les packagings, concevoir la formule différemment, réduire la taille des emballages pour qu’ils prennent moins d’espace dans les camions afin d’économiser les émissions de CO2… Nous aimerions parler de toutes ces améliorations aux consommateurs, sauf que nos études montrent que cela ne les intéresse pas forcément...

Un entretien à retrouver dans son intégralité dans l'édition Premium de FashionNetwork.com.

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