Arab Fashion Week : la touche "vintage" de Lamya Abedin

Le défilé de la styliste émiratie Lamya Abedin à l'Arab Fashion Week de Dubaï s'est inspiré d'un carnaval « vintage » en Australie pour combiner collerettes et sequins avec la pudeur musulmane.

Défilé de Lamya Abedin à l'Arab Fashion Week de Dubaï le 6 octobre - AFP

Dans un entretien à l'AFP après son défilé jeudi soir, Lamya Abedin a expliqué que, pour sa collection, « Voyage au Carnaval », elle avait suivi chaque détail, y compris la musique et le maquillage, de cette manifestation rétro à laquelle elle avait participé avec son époux et ses enfants.

« J'ai adoré les vibrations (du carnaval en Australie) : il y avait des miroirs complètement fous, de la musique, toute l'ambiance m'avait plu. C'est là que j'ai trouvé mon inspiration », a-t-elle confié. « Je voulais montrer comment, dans le passé, les gens avaient l'habitude de s'habiller pour des fêtes, à la différence d'aujourd'hui où l'on porte juste des jeans et des tee-shirts », a-t-elle dit.

Pour arriver à ce résultat, « j'ai mélangé modernité et une touche de vintage », a expliqué la créatrice, elle-même vêtue d'un long manteau de paillettes argentées et couverte d'un traditionnel foulard noir.

Avant ce défilé qui ouvrait l'Arab Fashion Week, des hommes, en queue-de-pie et haut-de-forme, perchés sur des monocycles, ont animé le public, formé en majorité de femmes, certaines en mini-jupe, d'autres en abaya, l'habit traditionnel du Golfe, voire en niqab.

Une musique de carnaval a ensuite été jouée avec en arrière plan une vidéo montrant des acrobates et des tentes de cirque, alors que des mannequins, coiffées de perruques avec chapeaux et bandeaux de fleurs, arpentaient la scène.

« J'adopte un thème. Et le style doit être parfaitement aligné sur ce thème afin de laisser les gens vivre l'histoire », a expliqué Lamya Abedin. « Cette fois, l'histoire, c'est le bonheur. (Les mannequins) doivent faire vivre cet état d'esprit. »

Le mannequin Karine Graf, une Brésilienne en longue robe couleur pourpre et bandeau de fleurs, a dit avoir trouvé le concept « très drôle » et « unique ». « La collection est nouvelle et très sympa », a-t-elle dit à l'AFP.

La collection de Lamya Abedin est principalement composée de robes et de jupes fluides et superposées incorporant tulle, dentelle, sequin, broderie, jacquard et brocart, le tout dans des couleurs vibrantes.

« Il y a de l'art et de l'artisanat dans les tenues », accompagnées de ceintures, de chapeaux et même de sacs à main. « Nous avons voulu montrer comment vous pourriez changer vos vêtements à l'aide d'accessoires. »

Robes et manches longues

Même si elle a pris de la distance par rapport aux vêtements traditionnels du Golfe, Lamya Abedin fait en sorte que ses mannequins ne révèlent pas trop leur peau, conformément aux codes vestimentaires des musulmans de la région.

La touche locale de Lamya Abedin se ressent dans le style « très conservateur » de ses mannequins, a dit Noura Khaled, une Emiratie de 23 ans qui assistait au défilé. « Les robes longues et les manches longues reflètent la culture. »

Lamya Abedin a reconnu qu'elle avait fait en sorte que ses mannequins en robe courte portent des bas pour couvrir leurs jambes « parce que c'est comme ça que je la porterais. C'est un choix personnel ».

En robe de mariée, Kaya, un mannequin tchèque, a noté une différence entre l'Arab Fashion Week et des événements similaires à Milan qui, selon elle, sont « plus conservateurs » dans la présentation. « J'aime ce défilé qui a un thème : le cirque », a-t-elle dit, alors qu'à Milan, c'est « le maquillage à effet peau nue, des cheveux lisses et nous, allant et venant, sans penser tellement au concept. »

Le défilé de Dubaï a présenté trois robes de mariée : l'une légère et courte pour un mariage à la plage, une deuxième un peu plus formelle et une troisième robe de dentelle à l'ancienne qui, a dit Lamya Abedin, est semblable à sa propre robe de mariage. Elle a confectionné une robe similaire couleur pêche pour sa fille qui a fait une apparition, main dans la main, avec un mannequin portant la robe de mariée finale, sous les applaudissements du public.

Même les robes de mariage ont été inspirées par le carnaval en Australie où elle avait vu trois épouses poser pour une séance photo. « J'ai adoré l'idée ! » La styliste émiratie a sa propre marque « la Dame de pique ».

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