Avec le Corso, Altarea Cogedim veut ouvrir Cap 3000 au luxe

Quoi de mieux que la rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris pour annoncer un projet dédié au luxe ? En dévoilant, ce mardi à Paris à l'occasion du 16e Sommet du luxe et de la création dans les salons cossus du Cercle de l'union interalliée, son projet Corso, Altarea Cogedim a réussi son effet. Frédéric Laloum, directeur général commercialisation de la foncière, a pu s'adresser à une cible privilégiée. A la baguette sur l'extension du centre commercial Cap 3000, le dirigeant a donné à voir ce que pourrait être ce futur espace dédié aux marques de luxe.


Altarea Cogedim a présenté son projet Corso dans le cadre du Sommet du luxe et de la création, à Paris - FashionNetwork

Peu de choses avaient jusque-là filtré sur les intentions d'Altarea Commerce concernant cette extension aux travaux impressionnants (chiffrés à 450 millions d'euros). Tout juste savait-on que ce chantier, qui gagne notamment sur la mer, allait permettre de compter 150 boutiques supplémentaires, sur au total 135 000 mètres carrés, et qu'une offre « Premium » était dans les plans. Cap 3000, qui fête cette année ses 50 ans, bénéficiera en prime de plus de 1 600 places de parking additionnelles. Des chiffres qui étaient en tant que tels considérés comme une réponse de poids à l'implantation en 2015 de Polygone Riviera à quelques kilomètres de là, à Cagnes-sur-Mer.

Mais le site fait donc plus que doubler son offre. « Avec le Corso, c'est la première fois qu'est adjoint à un centre commercial un centre commercial de luxe, annonce Frédéric Laloum. Nous avons une cinquantaine d'emplacements, mais nous donnons aussi à de jeunes créateurs l'opportunité de s'exprimer, nous avons des galeries d'art moderne et des espaces éphémères. Notre volonté est de renouveler l'offre régulièrement. »

Le lieu entend faire venir les grands acteurs du luxe et a pour cela fait appel à Patrick Jouin, de l'agence Jouin Manku, qui a imaginé l'espace et ses volumes. La direction d'Altarea annonce en prime de nombreuses innovations digitales, mais aussi un éventail de services, appelés ici « attentions personnalisées », dans lesquelles ont trouvera une conciergerie, une entrée privilégiée, mais aussi un ponton privé pour arriver depuis la mer et accéder directement au Corso.

Le lieu veut en effet faire de son emplacement face à la mer, à Saint-Laurent-du-Var, un atout majeur pour séduire la clientèle consommatrice de luxe, qu'il s'agisse de locaux, de voyageurs d'affaires et de conférenciers, ou des nombreux touristes internationaux.

« Nous avons l'habitude de dire que le luxe crée l'offre, glisse Jonathan Siboni, directeur général de Luxurynsight. Quand on regarde la côte d'Azur, la Riviera attire entre 11 et 12 millions de touristes annuels et luxe réalise environ 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Mais hormis la Croisette à Cannes et Monaco, les lieux de retail luxe sont peu développés. Nice paraît intéressante avec une population locale avec un potentiel et des résidences secondaires de luxe qui sont à 90 % la propriété d'étrangers. Le marché du luxe dans cette zone est estimé entre 150 à 160 millions d'euros. Il y a de mon point de vue un potentiel entre 300 et 350 millions d'euros. »

Des arguments qui visent bien sûr à séduire les grandes maisons du luxe et notamment les décideurs de celles des deux grands groupes LVMH et Kering. Selon les chiffres présentés par Jonathan Siboni, celles-ci sont deux fois moins présentes à Nice qu'à Cannes et trois fois moins qu'à Monaco.

Le nouvel ensemble avec ses 310 boutiques et restaurants, dont les travaux ont débuté en 2014, a pour ambition d'attirer 14 millions de visiteurs annuels, contre un peu moins de 10 millions auparavant. L'ouverture de l'extension de Cap 3000 et donc de Corso est, après avoir été plusieurs fois reculée, annoncée pour octobre 2019. L'équipe d'Altarea Commerce dispose donc d'encore quelques mois pour séduire les enseignes du luxe.

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