C&A et H&M mènent une enquête sur des soupçons de travail forcé

Le distributeur néerlandais C&A, mais aussi H&M, sont actuellement en train de mener une enquête pour déterminer la véracité de l’information selon laquelle une partie de ses vêtements serait fabriquée par des prisonniers chinois, suite à des révélations de l’ex-journaliste britannique et consultant en affaires Peter Humphrey.


Boutique C&A à Arnhem aux Pays-Bas - Diederik van der Laan / Kiki Reijners for C&A

Peter Humphrey a révélé le week-end dernier au journal britannique Financial Times que certains détenus chinois étaient forcés à fabriquer des vêtements pour différentes marques de textile célèbres, dont C&A et le géant suédois H&M. Peter Humphrey lui-même a passé deux ans en prison à Shanghai suite à une arrestation pour « collecte illégale de données privées de citoyens chinois » dans le cadre d’une enquête contre la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline.

Dans l’article du Financial Times, publié le 16 février 2018, Peter Humphrey décrit comment la prison force les détenus à travailler pour de grandes entreprises. « C’est du travail à la pièce : une centaine de ci, un millier de ça. En travaillant à plein temps, ils gagnaient environ 120 yuans par mois, l'équivalent de 15 euros. Mais il y avait aussi un système de points pour réduire la durée de sa peine, basé sur des points gagnés en effectuant des tâches comme le ménage, le service de la nourriture, l’enseignement ou la réalisation d’études », détaille Peter Humphrey dans le journal.

Dans une déclaration à FashionNetwork.com, C&A Europe a commenté : « Nous n’avons jamais toléré aucun type de travail forcé ou d’exploitation dans notre chaîne de production. Le code de conduite rigoureux appliqué à nos fournisseurs et nos programmes d’audit le montrent bien : si nous trouvons des travailleurs forcés (chez l’un de nos fournisseurs), nous nous en séparons immédiatement. Cela inclut tout type de travail en prison. Nous auditons toutes les usines de nos 273 fournisseurs en Chine au moins une fois par an et n’avons ni observé ni été informés de l’utilisation de travailleurs prisonniers dans notre chaîne de production chinoise. Pour renforcer notre position, les auditeurs de notre chaîne de production durable et du contrôle qualité ont des procédures pour détecter la sous-traitance non autorisée qui pourrait conduire à l’emploi de travailleurs forcés ou exploités dans l’usine. »

C&A a déclaré prendre les allégations de Peter Humphrey « très au sérieux » et essayer actuellement d’obtenir plus d’informations à ce propos.

Même tonalité chez H&M, qui précise à FashionNetwork.com qu'il est « tout à fait inacceptable de faire produire dans des prisons ». « Ceci viole sérieusement le cadre réglementaire que se doivent de suivre l’ensemble de nos fournisseurs. Il s’agit d’une condition non négociable qui figure dans notre Code de Conduite signé par tous nos fournisseurs. Le fait de ne pas respecter cette règle nous amènerait à mettre fin immédiatement à la collaboration commerciale avec le fournisseur en question. Nous sommes conscients de ces revendications et nous les prenons très au sérieux. À date, nous ne pouvons pas confirmer si ces affirmations sont exactes. Nous menons une enquête et investiguons afin d’obtenir des informations plus détaillées auprès de notre équipe locale en Chine. »

Traduit par Clémentine Martin

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