Carrefour : un 1er trimestre au ralenti en France et au Brésil

Carrefour s'est montré prudent pour 2018 et s'est abstenu de toute indication sur ses perspectives de résultats, après un premier trimestre plombé par une baisse des ventes dans les hypermarchés en France et par la déflation au Brésil.


Carrefour - Carrefour

Le distributeur, qui s'est engagé dans un vaste plan de transformation à cinq ans visant à retrouver sa compétitivité en France et à entrer de plain-pied dans l'ère digitale, a vu ses ventes reculer de 2,4 %, à 20,78 milliards d'euros - impactées par la baisse du real brésilien - un chiffre inférieur aux 20,87 milliards du consensus Inquiry Financial établi pour Reuters.

Hors taux de change, essence, effets calendaires et à magasins comparables, sa croissance est tombée à 0,4 %, après une progression de 1,9 % au quatrième trimestre 2017.

Le groupe a expliqué avoir été pénalisé par des marchés « globalement moins porteurs en Europe », en raison notamment de mauvaises conditions météo qui ont induit des problèmes logistiques et ont pesé sur le trafic dans les hypermarchés.

Il a aussi évoqué des « perturbations opérationnelles », faisant référence au mouvement de grève qui a touché ses hypers français le samedi de Pâques.
Pressé de questions par les analystes sur le consensus du résultat opérationnel courant attendu en 2018, le directeur financier Matthieu Malige s'est abstenu de toute indication.

Il a simplement réaffirmé que les résultats étaient exposés à l'évolution défavorable des taux de change, notamment le real brésilien, et que le groupe allait devoir procéder à davantage de dépréciations.

Ce consensus s'établit à 1,98 milliard d'euros, selon les données de ThomsonReuters I/B/E/S, un niveau proche des 2,0 milliards de 2017.

Pas d'indication sur les baisses de prix

Carrefour, qui a vu sa performance opérationnelle chuter en 2017 et son résultat net basculer dans le rouge après d'importantes charges, avait averti en février que sa rentabilité serait affectée en 2018 par les changes et de nouvelles dépréciations et charges.

Interrogé à maintes reprises sur le calendrier des baisses de prix nécessaires au redressement de la compétitivité des hypers français, Matthieu Malige s'est là aussi refusé à toute précision, faisant simplement état d'une « dynamique positive sur les coûts directs et indirects » et réaffirmant vouloir rester vigilant sur la discipline financière.

Pour restaurer la rentabilité et investir dans des baisses de prix cruciales pour concurrencer Leclerc, le groupe prévoit un plan massif de réductions de coûts de 2,0 milliards d'euros.

Dans un marché qui reste difficile et où la concurrence demeure féroce, les hypers français ont encore perdu du terrain en début d'année, selon KantarWorlPanel, notamment face à Casino.

Au premier trimestre, ils ont à nouveau basculé dans le rouge (-2,3 % en comparable), tandis que les supermarchés ont progressé de 1,6 %.

Au total en France, où le groupe réalise près de la moitié de son chiffre d'affaires annuel, les ventes ont stagné (-0,1 %) en comparable, après une hausse de 1,5 % au trimestre précédent.

Au Brésil, son deuxième marché, Carrefour pâtit toujours de la déflation sur les produits alimentaires. Il a vu sa croissance limitée à 0,4 % en comparable, tandis qu'en Europe, le distributeur a fortement décéléré, avec des ventes en baisse de 3,2 % en Italie, de 0,6 % en Espagne et de 1,6 % en Belgique. La Chine reste à la peine avec des ventes en recul de 6,6 %.

En Argentine, Carrefour a conclu un accord sur un plan de départs volontaires dans le cadre d'une restructuration qui doit permettre de mettre un terme à trois années de pertes, a déclaré un syndicaliste. Selon le quotidien local Ambito Financiero, citant une source anonyme, 1 000 salariés ont accepté la proposition.

Carrefour, qui a démenti à plusieurs reprises toute idée de quitter l'Argentine, a dit la semaine dernière qu'il avait soumis au ministère du Travail un plan de « prévention de crise ». L'Argentine a représenté en 2017 4 % du chiffre d'affaires global de Carrefour, lequel était de 88,24 milliards d'euros. Carrefour emploie 19 000 salariés en Argentine où il est présent depuis 1982.

Nombre d'analystes estiment qu'après des résultats annuels décevants et des perspectives très prudentes, le redressement du groupe sera long et difficile. « La dynamique de résultats devrait rester faible en 2018, alors que l'environnement dans lequel le groupe évolue reste difficile dans la plupart des pays et que le plan de réduction de coûts devrait peser à court terme sur les performances des magasins », soulignent ceux de Barclays.

En Bourse, le titre Carrefour a fini à 16,48 euros mercredi, accusant un recul de près de 9 % depuis le début de l'année, après une chute de 21,2 % en 2017, sous-performant l'indice européen de la distribution qui cède 1,2 %.

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