Chanel investit dans Farfetch, son nouvel allié dans le digital

Paris (Reuters) - Chanel a annoncé lundi avoir conclu un partenariat avec Farfetch portant sur le développement de services digitaux dédiés à la maison de couture française et passant par une prise de participation minoritaire dans le capital du site britannique.


REUTERS/Eric Gaillard

Si la griffe aux tailleurs de tweed et aux sacs matelassés ne prévoit pas - pour le moment du moins - de se lancer dans le e-commerce, elle souhaite en revanche offrir « de nouvelles expériences et des services personnalisés » à ses clients.

« Il s‘agit d‘un partenariat d‘innovation qui va s’étaler sur plusieurs années pour mieux servir nos clients », a déclaré à Reuters Bruno Pavlovsky, président des activités mode de Chanel.

L‘investissement dans Farfetch témoigne de l‘importance stratégique de ce partenariat, a-t-il dit, indiquant sans plus de précision qu‘il s‘agissait d‘une prise de participation minoritaire.

Des outils digitaux, passant par des applications mobiles, permettront par exemple à un client qui le souhaite d‘annoncer sa visite dans un magasin où les vendeurs sauront ce qu‘il a aimé sur le site, connaîtront sa taille et pourront lui proposer des produits conformes à ses attentes.

Chanel apporte déjà des services personnalisé à ses clients réguliers et souhaite les étendre à un plus grand nombre, dans son réseau de près de 200 magasins, a ajouté son dirigeant.

Pour Jose Neves, fondateur et PDG de Farfetch, les clients du luxe attendent aujourd‘hui un haut niveau de personnalisation, d‘autant plus qu‘ils y sont habitués avec Instagram ou Netflix et leurs bases de données. « Il ne s‘agit pas d’être big brother », se défend cependant Bruno Pavlovsky. « Nous ne traçons pas les clients mais nous nous organisons pour leur apporter ce qu‘ils souhaitent chaque fois qu‘ils veulent nous donner des informations sur leurs envies. »

Le service devrait être lancé dans le courant de l‘année.

La marque aux deux « C » fait cavalier seul dans un secteur tardivement mais massivement converti au e-commerce. Elle vend depuis longtemps ses parfums et cosmétiques sur internet mais s‘est jusqu‘ici toujours refusée à ouvrir un site marchand dédié à ses collections de mode ou ses célèbres sacs matelassés, pour préserver son attractivité.

Cette stratégie contraste avec la tendance générale qui voit les acteurs du luxe accélérer dans l'e-commerce, comme Louis Vuitton (propriété de LVMH), Gucci (Kering) dont la croissance explosive est aussi portée par le digital, ou Hermès qui vient de relancer son site marchand.

Parallèlement à ses activités de vente de produits de luxe en ligne, Farfetch, qui a racheté le magasin londonien Browns en 2015, développe des outils digitaux visant à améliorer l‘expérience des clients dans les magasins.

Fin 2016, son PDG avait déclaré à Reuters envisager une introduction en Bourse dans les deux ou trois ans. Début février 2018, des sources proches du dossier ont déclaré à Reuters que Farfetch avait été approché par des banques pour une possible cotation aux Etats-Unis. Le site compte notamment parmi ses actionnaires le géant chinois du e-commerce JD.Com, le fonds Apax Partners, le français Eurazeo ou Temasek, le fonds souverain de Singapour.

par Pascale Denis et Sarah White, édité par Dominique Rodriguez

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