Croissance : un PIB français en hausse de 1,8 % en 2017, selon l'Insee

L'économie française devrait poursuivre sur sa solide lancée au deuxième semestre et afficher sur l'année une croissance de 1,8 % - un rythme sans précédent depuis 2011 - qui s'accompagnera d'une poursuite du reflux du chômage.


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Malgré un ralentissement de la consommation des ménages, la croissance de la France décollera après trois années autour de 1,0 %, profitant d'une accélération de l'investissement et d'une diminution de l'impact négatif du commerce extérieur, observe l'Insee dans son point de conjoncture présenté jeudi.

A ce rythme de 1,8 %, la progression du produit intérieur brut (PIB) pour 2017 dépasse la précédente prévision de l'institut (+1,6 % attendu en juin). Elle s'avère également plus optimiste que l'hypothèse de 1,7 % retenue par le gouvernement pour construire le budget 2018, présenté la semaine dernière.

Le ministre de l'Economie et des finances, Bruno Le Maire, a cependant suggéré dimanche que la croissance pourrait être plus élevée que prévu et s'établir à 1,8 % cette année et l'an prochain.

« Fondements solides »

Si la croissance est revenue à un niveau comparable à celui de 2011, elle repose sur des « fondements plus solides », en particulier parce que les entreprises ont reconstitué leurs marges, a observé Julien Pouget, chef du département de conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse. Selon lui, l'acquis de croissance - à savoir l'évolution du PIB sur l'ensemble de l'année si la croissance était nulle sur chaque trimestre - s'élève à 0,8 % pour 2018.

Avec la croissance de l'activité, la progression de l'emploi devrait ralentir au second semestre avec la fin du dispositif de prime à l'embauche dans les PME et la réduction du nombre d'emplois aidés.

Au total, l'économie française devrait créer 208.000 emplois marchands cette année (après 221.000 en 2016), mais le taux de chômage selon les critères du Bureau international du travail (BIT) devrait baisser à 9,4 % de la population active française (départements d'outre-mer inclus) en fin d'année, contre 10,0 % fin 2016.

Dans le détail, l'Insee prévoit une progression de 0,5 % par trimestre jusqu'à la fin de l'année, l'économie française enchaînant ainsi cinq trimestres consécutifs à ce rythme.

Une croissance robuste notamment alimentée par la vigueur de l'investissement, les conditions de financement restant favorables.

L'investissement des ménages - principalement dans le logement neuf - devrait progresser de 5,0% sur l'année après avoir augmenté de 2,4 % en 2016, atteignant un rythme sans précédent depuis 2006. Il devrait également rester dynamique du côté des entreprises (+3,9 % après +3,4 %), qui continuent de s'équiper pour faire face à une demande croissante, malgré la fin du dispositif de suramortissement fiscal des investissements productifs mi-avril.

Interrogation sur les exportations

Autre composante de la demande intérieure et traditionnel moteur de l'économie française, la consommation des ménages devrait en revanche ralentir, avec une croissance de 1,1 % en 2017, après 2,1 % l'an dernier.

Un coup de frein reflétant le contrecoup des événements ponctuels qui l'avaient dopée en 2016 : achats de téléviseurs dopés par le passage à la TNT haute définition, températures basses ayant augmenté les dépenses d'énergie et ventes des billets de l'Euro de football.

Globalement, l'accélération de l'activité prévue cette année devrait principalement résulter de la diminution de l'impact négatif du commerce extérieur. Après avoir plombé l'activité en 2016, avec une contribution négative de 0,8 point, il ne devrait amputer la croissance que de 0,3 point cette année.

Cette amélioration repose entre autres sur le retour des touristes après la baisse de fréquentation liée aux attentats de 2015 et 2016 et sur le redressement du solde agricole après une année 2016 plombée par de mauvaises conditions météo.

Du côté des exportations manufacturières, l'Insee s'attend à ce que le rattrapage du plongeon du début d'année - lié aux faibles livraisons d'Airbus - ne soit que partiel, malgré la reprise du commerce mondial.

« Les ventes manufacturières accélèreraient moins que le commerce mondial, ce qui signifie que les producteurs français perdraient des parts de marché », a souligné Dorian Roucher, responsable de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee.

La capacité de rebond des exportations manufacturières figure d'ailleurs au rang des aléas entourant les prévisions de l'institut. Elles « pourraient surprendre à la hausse ou bien décevoir alors que les conditions de change sont un peu moins favorables, interrogeant de ce fait la capacité de l’économie française à endiguer la dégradation de son solde commercial », a observé Dorian Roucher.

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