David Maruani et Laurent Gerbi (Gérard Darel) : « Nous devons remettre le client et le produit au cœur de notre stratégie »

Gérard Darel, la marque française haut de gamme, placée en redressement judiciaire en juin dernier, a finalement été reprise par sa famille fondatrice, les Gerbi. Quatre ans après avoir quitté la direction, le tandem constitué par Laurent Gerbi (fils des fondateurs) et David Maruani, qui en 2011 avait intégré le conseil de surveillance de Gérard Darel, reprend donc les commandes de l’entreprise. Selon un proche du dossier, qui fut conseiller d’un des repreneurs annoncés, « Darel vaut 40 millions aujourd’hui, mais peut en peser 250 dans cinq ans ». Le duo livre donc ensemble à FashionMag Premium sa stratégie pour permettre à l'entreprise, qui réalise un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros, de renouer avec la croissance.
Gérard Darel repris par sa famille fondatrice. - Gerard Darel
Fashion Mag : Quels sont vos projets pour l’entreprise ?

David Maruani et Laurent Gerbi : Un redressement judiciaire est toujours une période délicate et difficile à gérer pour les équipes. Aujourd’hui, l’entreprise est un peu meurtrie… La priorité est donc de remobiliser les troupes afin de pouvoir repartir sur de bonnes bases. Nous allons commencer par stabiliser les choses afin de retrouver les ressorts organiques de la croissance, puis nous entamerons dans un second temps la phase de développement.

FM : Quelle est votre stratégie pour renouer avec la croissance ?

DM et LG : Nous allons remettre au cœur de notre stratégie le client et le produit. Gérard Darel s’est forgée une identité de marque forte en proposant des pièces mode intemporelles et modernes, toujours de belle facture, mais à prix maîtrisés. Nous comptons revenir à ces fondamentaux qui ont fait notre succès dans le passé et qui sont déterminants pour le futur. Par ailleurs, avant de rouvrir des points de vente, nous allons également aller chercher la croissance au sein même de notre réseau. Nous sommes persuadés qu’à périmètre comparable il y a des choses à faire, il suffit de les exploiter autrement.

FM: Vous pensez donc que la gestion du fonds Advent laissait à désirer…

DM et LG :  Nous repartons sur une page blanche. Nous ne sommes pas revenus pour critiquer qui que ce soit, nous regardons l’avenir, pas le passé. En ce qui nous concerne, nous pensons que l'entreprise doit rester sous pavillon français et nous l'avons reprise car nous croyons en son potentiel. Quand nous étions aux manettes, nous enregistrions quasiment chaque année 15 % de croissance. Nous sommes donc confiants, mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Nous sommes là sur le long terme et nous allons donc prendre notre temps afin de faire les bons choix au bon moment.

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