Deux Françaises se distinguent à Hyères 2016

Clara Daguin et Laura Boned ont deux univers complètement différents, mais elles carburent à la même énergie : celle de l’expérimentation et de la recherche. Les deux Françaises, sélectionnées comme finalistes au concours mode du 31ème festival international de mode et photographie, qui s’est tenu du 21 au 25 avril à Hyères, ont séduit le public par leur démarche inventive.

L'un des modèles lumineux de Clara Daguin

La première, Clara Daguin (28 ans), a émerveillé avec une collection futuriste à la Metropolis, ses vêtements hybrides s’illuminant au rythme des pulsions du cœur. La styliste est en effet parvenue à accessoiriser ses silhouettes, des uniformes sombres, par différentes sources de lumières électriques.

Des veines fluorescentes s’animent ainsi sur une épaule, des semelles à plate-forme translucide de boots noires émanent une lueur opalescente, des poches clignotent, une incision dans le dos d’une robe laisse voir les côtes lumineuses du thorax. Parfois la technologie prend le dessus avec des broderies ou motifs rappelant les circuits électriques.

« Ce ne sont pas des robots ! J’ai voulu habiller des femmes de demain, mais avec une sensibilité naturelle, en intégrant de la technologie dans de la broderie artisanale. J’ai ainsi confectionné des tubes en textile avec des fibres en plastique qui laissent passer la lumière. Ce sont comme des fibres optiques, mais plus molles. Le tout s’illumine avec le rythme cardiaque grâce à des capteurs placés sur une oreille ou un doigt », explique la jeune femme aux yeux bleus encadrés par une longue chevelure brune.

Un autre look de femme-machine signé Clara Daguin

Née à Levallois-Perret et fille d’un père ingénieur qui s'est installé en Californie alors qu’elle avait 7 ans, Clara Daguin a grandi à San Francisco où elle a fait des études graphiques. Après un voyage en Inde « très inspirant, au contact de superbes matières », elle rentre à Paris en 2010 où elle découvre la mode.

« J’ai toujours fait de la couture pour moi. J’ai alors intégré l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) où je me suis diplômée. J’aimerais continuer ce projet en montant ma propre marque », confie la styliste en herbe, qui a juste eu le temps de faire un stage d’un mois chez Margiela avant de se retrouver propulsée à Hyères.

Laura Boned est quant à elle tombée dans la mode au berceau. « Dans ma famille, il y a beaucoup de modélistes et j’ai toujours été intéressée par la matière », raconte-t-elle. Pour Hyères, elle a créé de toutes pièces des textiles nouveaux construits en stratifiant différentes couches de tissus (jersey, Georgette de soie, mousseline, crêpe de Chine), qu’elle plisse à la machine et taille ensuite dans la masse.

Un pullover réalisé par Laura Boned à partir d'innombrables strates de tissus

« Le résultat est une matière très épaisse aux longueurs et couleurs aléatoires. J’aime travailler sur le concept d’accident, aussi bien comme esthétique que comme procédé. Je mélange le brut avec le précieux comme le cuir et la soie. J'aime utiliser aussi ce qui ne se voit pas d’habitude dans l’habit, telles les valeurs de couture, que l’on garde à l’intérieur lorsque l’on coud un vêtement », explique cette brune chaleureuse de 23 ans.

Née elle aussi en banlieue parisienne, à Boulogne-Billancourt, elle a effectué une prépa arts plastiques à l’Atelier de Sèvres avant de s’inscrire à la Haute école d’art et de design (HEAD) de Genève où elle s’est diplômée.

Au cours de ses études, elle a fait plusieurs stages chez John Galliano, Maxime Simoens, Gaspard Yurkievich, Yiqing Yin et Christian Dior femme avant d’obtenir son ticket pour Hyères.

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