Dim : 450 postes supprimés et un site fermé en France

PARIS, 15 mai 2006 (AFP) - Le groupe DBApparel, qui regroupe les marques de lingerie Dim et Playtex, a annoncé lundi un vaste plan social touchant en France 450 emplois, soit près de 20 % des 2 500 salariés du groupe en France, et la fermeture de son site de Château-Chinon dans la Nièvre.


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Ce plan destiné à "sauvegarder (la) compétitivité et à relever les nouveaux défis qu'impose le marché mondial du textile" concerne "au total 450 postes" et "entraînera le désengagement du site de Château-Chinon" (95 salariés), a indiqué la direction d'DBApparel.

Les postes supprimés, dans un groupe essentiellement féminin, concernent les fonctions de production, commerciales et administratives.

Outre Château-Chinon, trois autres sites sont touchés, dont le plus gros, le site historique d'Autun (Saône-et-Loire) où 220 suppressions sont prévues. Les deux autres sont celui de La Tour du Pin (Isère), avec 39 suppressions chez Playtex, et du siège de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine, 96 suppressions), a indiqué à l'AFP un porte-parole de la direction.

"Nous avons le souhait d'accompagner les salariés du mieux possible dans le temps, c'est pourquoi nous avons tenu à lisser le coût social de cette réorganisation sur deux ans", a-t-il expliqué, soulignant qu'"il n'y aura pas de réalité tangible du plan social avant 2007".

La direction veut "favoriser en plus des reclassements internes, toutes les autres mesures permettant de réduire au maximum le nombre des licenciements secs" et ajouté avoir présenté au comité central d'entreprise (CCE) "des grands objectifs stratégiques pour développer les marques Dim et Playtex".

Mais Brigitte Bert, secrétaire CFDT du CCE réuni à Levallois-Perret, où est tombé officiellement la nouvelle, a souligné que l'annonce se traduirait bien "par la fermeture totale du site de Château-Chinon".

Avec les 220 suppressions de postes prévues non loin de là, à Autun, cela "aura des conséquences lourdes pour les familles et toute une région", a dénoncé Maurad Rabhi, de la fédération CGT textile.

C'est un projet de restructuration "dramatique sur le plan social et contestable sur le plan industriel", a renchéri le président de la région Bourgogne, François Patriat (PS). Dans un communiqué cosigné avec le député de la Nièvre Christian Paul (PS), il a fustigé un plan "témoignant d'une réelle méconnaissance des atouts de ces sites, du savoir-faire de leurs équipes".

Il "ne répond qu'à une préoccupation purement financière du fonds de pension qui a racheté le groupe Dim il y a quelques mois", ont dénoncé les deux élus en réclamant "de toute urgence une rencontre avec les dirigeants européens et français du groupe".

De fait, le groupe DBApparel, propriétaires des marques Dim, Playtex et Wonderbra, avait été vendu en novembre par Sara Lee au fonds d'investissement américain Sun Capital Partners. Les syndicats français s'étaient vivement inquiété des conséquences pour l'emploi d'une telle cession.

Des inquiétudes dénoncées comme infondées par Sun Capital Partners, qui s'était dit attaché au maintien de l'emploi en Europe.

Depuis son rachat en 1989 par Sara Lee, Dim est toutefois passé de 5 000 salariés sur 16 sites à 2 300 sur trois sites.

Pour sa première publicité, en 1965, Dim, dont la politique commerciale a des années durant été axée sur l'indépendance et l'émancipation des femmes, s'adressait à elles en leur demandant de "Garder le sourire!". Les salariées de Château-Chinon et d'Autun avaient "du mal à s'exécuter lundi soir", selon leurs syndicats.

Par Gérard DUBUS et Katell PRIGENT

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