Donna Karan : menace de boycott après une déclaration de la designer

New York, 10 oct 2017 (AFP) - La designer américaine Donna Karan a pris la défense du producteur Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel, suscitant un déluge de critiques, avant de se rétracter. Mais certains appelaient mardi au boycott de ses produits.

Donna Karan - AFP/Emmanuel Dunand

Tout a commencé dimanche soir, lors d'une interview sur le tapis rouge des CineFashion Film Awards, une cérémonie de remises de récompenses organisée à Los Angeles. « Je pense que les gens le voient aujourd'hui comme un symbole, pas nécessairement pour ce qu'il est », a déclaré Donna Karan, fondatrice éponyme de sa marque et du label DKNY, au sujet du producteur, qui venait d'être licencié par le conseil d'administration de sa maison de production, The Weinstein Company. « Je connais sa femme. Je pense que ce sont des gens formidables », a-t-elle poursuivi. « Harvey a fait des choses fantastiques. »

Mais la créatrice ne s'est pas arrêtée là, mettant en cause le comportement de certaines femmes. « Ce n'est pas Harvey Weinstein », a-t-elle fait valoir. « Quand vous regardez tout ce qui se passe dans le monde aujourd'hui et comment les femmes s'habillent, ce qu'elles cherchent en se présentant de la sorte. Qu'est-ce qu'elles cherchent ? Les problèmes. »

Ces déclarations ont suscité de vives réactions, notamment de l'actrice Rose McGowan, dont le New York Times a révélé qu'elle avait conclu un accord amiable avec Harvey Weinstein en 1997, après que le producteur a eu un comportement déplacé à son endroit. « Donna Karan, vous êtes déplorable », a tweeté lundi l'actrice de 44 ans. « Aider et encourager est un crime moral. Vous êtes une raclure dans une robe chic. »

Donna Karan a présenté ses excuses, se disant « désolée envers toute personne" qu'elle avait "offensé et quiconque a jamais été une victime ». « Mes déclarations ont été sorties de leur contexte et ne représentent pas mon sentiment au sujet de la situation concernant Harvey Weinstein », a-t-elle écrit dans une déclaration transmise par une porte-parole. « Je crois que le harcèlement sexuel n'est pas acceptable et qu'il s'agit d'un problème qui doit être traité une fois pour toute quelle que soit la personne concernée », a-t-elle affirmé.

Malgré ces déclarations, de nombreux internautes continuaient à exprimer mardi leur colère vis-à-vis de la couturière new-yorkaise de 69 ans, certains appelant au boycott de ses produits.

Pourtant, la designer n'est plus impliquée dans la gestion des marques Donna Karan et DKNY, qu'elle a vendu, en 2001, au groupe de luxe LVMH, qui l'a ensuite cédé, en 2016, à G-III Apparel. Elle a abandonné toute fonction au sein de ces griffes en 2015, pour se concentrer sur sa marque Urban Zen. « Plus de Donna Karan pour moi », a notamment tweeté l'actrice américaine Mia Farrow. Un ton qui pourrait déplaire au groupe G-III Apparel qui avait déjà dû faire face à une tendance anti-Trump frappant la marque Ivanka Trump au printemps.

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