Dries Van Noten, dopé par ses nouveaux investisseurs, présente un défilé solaire

On a rarement vu un créateur aussi radieux que Dries Van Noten, jeudi soir, à la fin de son défilé de prêt-à-porter masculin, le premier depuis qu'il a cédé une part majoritaire de son entreprise au groupe Puig.


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Dries Van Noten - printemps-été 2019 - Menswear - Paris - © PixelFormula

« Je ne pourrais pas être plus heureux. Mais ne vous attendez pas à me voir partir. J'ai l'intention de rester dans le coin pendant encore très longtemps. Et ce sera génial d'avoir un peu d'aide », confiait le créateur belge, après avoir présenté une collection décontractée, dont le fil conducteur était une collaboration avec l'immense graphiste et designer danois Verner Panton, qui a marqué l'histoire dans les années 1960. 
 
« On voulait de l'optimisme et il y a peu d'époques plus optimistes que les années 1960 », rappelle Dries Van Noten dans les coulisses de son show, mis en scène dans une école d'ingénieurs désaffectée. L'emplacement idéal pour le styliste flamand, qui a une faiblesse pour les lieux défraîchis. 

Résultat : une collection raffinée, dans une ambiance sereine. Les motifs incurvés et psychédéliques de Verner Panton, formes cubiques et cylindriques, ondulations colorées, parsemaient la plupart des tenues du défilé : parkas en nylon ultra-fines, magnifiques pyjamas de soie, gros pantalons cargo en coton, trench-coats fluides et blousons trop amples. L'influence de Verner Panton sur la mode existe depuis des décennies ; ici, il s'agissait d'une véritable collaboration, la famille ayant, une fois n'est pas coutume, accordé la permission à Dries Van Noten d'adapter les motifs du grand designer. Des sacs réalisés dans les mêmes teintes complétaient les silhouettes, avec d'imposantes sneakers qui feront un tabac, à n'en pas douter.
 
« Pourquoi avons-nous racheté Dries Van Noten ? Parce que nous voulons réunir plus de marques. Et parce que celle-ci est particulièrement créative. Et puis Dries est un très bon homme d'affaires. Quand on songe qu'il a construit une entreprise florissante à partir de rien, sans aucun soutien financier, c'est très impressionnant », reconnaît Marc Puig, président du groupe du même nom. Parmi son écurie de marques, on trouve Carolina Herrera, Jean Paul Gaultier, Nina Ricci et Paco Rabanne.

Puig a refusé de divulguer des chiffres précis concernant l'acquisition de la maison Dries Van Noten, dont le chiffre d'affaires annuel est estimé à environ 80 millions d'euros.
 
L'année dernière, le groupe familial Puig a enregistré une progression de 9 % de ses recettes annuelles, dépassant le seuil de 1,9 milliard d'euros. Le bénéfice net a atteint 225 millions d'euros. Rien d'étonnant à ce qu'ils puissent s'offrir une marque comme celle de Dries Van Noten.
 
« Nous venons d'arriver, nous ne pouvons pas encore dire ce que nous allons faire exactement. Nous sommes ici pour soutenir Dries et nous sommes persuadés que cette maison a un énorme potentiel », a conclu le dirigeant du nouveau groupe propriétaire.

Traduit par Paul Kaplan

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