EuropaCity : la prise de distance de Nicolas Hulot saluée par les opposants

Les opposants à EuropaCity se sont félicités mercredi de la « prise de distance » du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, à l'égard de ce projet de méga-complexe commercial et de loisirs au nord de Paris.


Des manifestants brandissent une banderole « Non à EuropaCity », le 21 mai 2017 à Gonesse (Val-d'Oise) - AFP

Prévu pour ouvrir en 2024, EuropaCity affiche l'ambition d'être un « nouveau quartier du Grand Paris » sur 80 hectares - l'équivalent d'une centaine de terrains de football - dans le triangle de Gonesse (Val-d'Oise), une zone agricole inhabitable entre les aéroports du Bourget et de Roissy, à moins de 20 km au nord de Paris.

Articulé autour d'une gigantesque surface commerciale, il prévoit la construction de 2.700 chambres d'hôtel, de salles de spectacles, d'un parc aquatique ou encore d'une « ferme urbaine ». Sans compter un « parc des neiges », qui cristallise une partie des critiques contre ce projet jugé démesuré et peu respectueux de l'environnement.

Le 6 juillet, lors de la présentation du « plan climat » à la presse, Nicolas Hulot avait réaffirmé l'objectif de faire de la France un pays « neutre » en carbone à l'horizon 2050.

Interrogé sur la compatibilité de cet objectif avec les grands projets d'aménagement du territoire du type d'EuropaCity, le ministre avait répondu : « La réponse peut être très courte: elle est non. Cette gourmandise que nous avons à consommer des terres agricoles en particulier, et à artificialiser les sols en général, est incompatible avec cet objectif ». « Il faut qu'on sorte de la folie des grandeurs, small is sometimes very beautiful », avait ajouté Nicolas Hulot.

Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) qui réunit les opposants à EuropaCity, s'est félicité mercredi de cette « prise de distance » du ministre, « qui remet clairement en question le soutien » apporté par l'exécutif précédent à ce projet.

« Le CPTG n'entend que la première partie de la réponse du ministre qui a également dit : "Je peux agir quand les décisions ne sont pas crantées et il y a des droits acquis" », a réagi le directeur de la communication d'EuropaCity. « Nous considérons qu'EuropaCity fait partie des droits acquis car il est un des projets structurants du Grand Paris et que le processus administratif nécessaire à sa réalisation est en cours », a ajouté le directeur.

Estimé à 3,1 milliards d'euros, ce projet porté par Immochan, la branche immobilière du groupe Auchan, en partenariat avec le conglomérat chinois Wanda, représente le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris en 1992.

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