Fashion Tech Days : la réalité augmentée à l’épreuve de la mode

Organisée par NordCréa, la troisième édition des Fashion Tech Days s’est tenue les 19 et 20 octobre au sein du CETI de Roubaix. Cette année, une « keynote » sur la réalité augmentée appliquée au secteur de l’habillement était au programme. Une intervention menée par Grégory Maubon, cofondateur de l’association RA’Pro et expert du sujet, qui a détaillé trois usages de cette technologie. 


La borne de personnalisation Nike, par projection de couleurs. - Smartpixels/vidéo

Il convient tout d’abord de faire une distinction entre réalité virtuelle et réalité augmentée, deux termes que certains pensent à tort synonymes. « La réalité virtuelle vous fait plonger dans quelque chose qui n’existe pas, pointe Grégory Maubon. Il s’agit d’une technologie immersive permettant un voyage totalement en dehors du monde qui entoure la personne. Au contraire, la réalité augmentée ne coupe pas de l’extérieur, elle s’applique à un objet réel, ou à une personne, et nous permet d’être acteur avec le produit ». Il s’agit donc d’une perception supplémentaire pour le client, bénéfique en termes de relation avec la marque et d’échange en magasin.

En point de vente justement, cela peut mettre en lumière un service sur-mesure. En début d’année, le flagship Nike des Champs-Elysées à Paris dévoilait un dispositif avec caméra et projecteur, permettant de plaquer des couleurs différentes sur un modèle de chaussures. Un système développé par la société française SmartPixels. « Le client, impliqué, a la sensation de créer lui-même son produit idéal, expose Grégory Maubon. Cela peut aussi permettre de réduire les stocks en boutique, puisqu’il s’agit d’une commande selon une personnalisation, et de gérer une activité en flux tendu. »


L'appli YouCam Makeup - Perfect Corp

La réalité augmentée s’impose également au travers des applications mobiles. L’exemple le plus frappant se situe dans le domaine de la beauté. Grégory Maubon cite l’application YouCam Makeup : au-delà du côté ludique, « c’est un vrai service pour le consommateur, qui peut essayer différents maquillages ». L’objectif est aussi de simplifier au maximum la phase de test, qui peut être fastidieuse en magasin. « Beaucoup de marques rejoignent l’application pour y mettre en valeur leurs produits et fabriquer en temps réel une relation avec l’utilisateur », poursuit-il. D’ailleurs, la maison mère de YouCam Makeup, Perfect Corp, vient de lever 25 millions de dollars pour développer encore ses différentes applications. Ces dispositifs ne concernent pas que le maquillage, puisqu’il est aussi possible de tester des coiffures, des boucles d’oreilles ou des paires de lunettes.


Test de looks sans passer par la case cabine d'essayage - Sweetfit/vidéo

Enfin, Grégory Maubon a souhaité évoquer la start-up française SweetFit, qui a mis au point un miroir connecté offrant la possibilité de choisir et d’essayer une tenue via un catalogue virtuel. Une technologie déjà testée par Devred 1902, Etam ou Promod. « Un miroir connecté a pour fonction de dynamiser le magasin, de transformer le lieu de vente en lieu d’expérience. C’est utile, mais pas magique non plus », nuance-t-il.

Car si les marques de mode veulent se confronter à la réalité augmentée, quatre principes de base doivent être respectés : l’interactivité, le côté ludique, la sociabilité et surtout la simplicité. « Tout dispositif doit être pensé pour rendre service à l’utilisateur. Il ne faut surtout pas rendre l’expérience d’achat plus compliquée », conclut Grégory Maubon.

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