Fashion Week de Milan : un homme chic-décontracté avec un zeste de douceur

Une allure élégante, mais plus désinvolte et cosy, où le confort prime avant tout. Autrement dit, des pièces fonctionnelles et sans excès, qui se vendront facilement. Exit les imprimés et les fantaisies, vive la sobriété avec des mises passe-partout et bienvenues proposées dans la classique palette masculine.

Tel est le nouvel homme qui se dessine pour l’hiver prochain. La Fashion Week de Milan, qui s’est achevée mardi 20 janvier, a dévoilé une garde-robe masculine pour l'automne-hiver 2015-16, qui s’est encore réduite par rapport aux saisons passées avec juste quelques pièces essentielles tels le manteau, le pantalon et le pull, lorgnant de plus en plus vers l’univers féminin.
L'homme et la femme ne font plus qu'un sur les podiums milanais, comme ici chez Giorgio Armani (Photo: PixelFormula)

Le thème masculin-féminin a été au centre de cette semaine. Alors que depuis plusieurs saisons l’on voyait les femmes s’inspirer librement des codes masculins, piquant régulièrement des pièces dans la garde-robe de monsieur, pour la première fois cette saison la tendance s’inverse avec un homme qui pioche allègrement dans le vestiaire féminin.

Une tendance confirmée par l’invasion des femmes sur les podiums masculins (Daks, Tom Rebl, Dirk Bikkembergs, Dsquared2, Costume National, le premier look de Vivienne Westwood), les mannequins affichant dans certains cas, comme chez Gucci et Giorgio Armani, exactement les mêmes looks que l’homme jusqu’à se confondre avec lui !

Une mode unisexe réfutée par Prada, qui préfère parler « d’unification » en travaillant sur les points communs entre les deux sexes plutôt que de copier l’un sur l’autre. Miuccia Prada a ainsi sorti pas moins de 20 looks féminins sur 30 masculins. S’inspirant de la rigueur du costume formel, la styliste a utilisé la même matière (nylon) et les mêmes couleurs ultra classiques (gris, noir et bleu sombre) pour habiller l’homme et la femme de manière différente.
Bonnet de laine et blouse féminine chez Gucci (Photo: PixelFormula)

« Ce mélange des genres accélère une tendance déjà en cours et anticipe sans doute une nouvelle forme de défilés, où à l’avenir les collections pour femmes et celles pour hommes seront présentées ensemble, surtout pour la saison estivale », analyse Mario Boselli, président de la Camera della Moda.

Ce filon féminin se fait sentir dans les formes adoucies, les matières plus chaudes et certaines silhouettes androgynes évoquées par des chandails extra longs. Les pantalons à plis ou pinces prennent légèrement du volume sur la cuisse pour garantir davantage de confort avant de se resserrer au mollet, tandis que les vestes enserrent toujours les épaules pour exalter la force masculine, tout en adoptant une certaine souplesse permettant de l’enfiler sur un pull.

Cet effet cocooning est exalté, en effet, par l’omniprésence de la maille, que l’on retrouve dans les maxi cardigans-manteaux, les écharpes over size et les bonnets de laine. Mais aussi dans les pulls à col roulé, qui détrônent la chemise. Pantalons joggings et caleçons font également leur apparition. Les couturiers milanais prévoient un hiver fort rude, où le manteau, décliné à toutes les sauces, prend le dessus sur le blouson, avec la parka, tandis que l’homme chausse bottes et pantoufles fourrées.
La grande écharpe frangée et un envol de perdrix chez Salvatore Ferragamo (Photo: PixelFormula)

Dans ce nouvel esprit minimaliste, l'homme se rapproche de la nature. Ainsi les mannequins ont défilé sur de la terre entourée de végétation chez Corneliani, Salvatore Ferragamo et Ermenegildo Zegna. Certains couturiers ont puisé leur inspiration dans le monde animal. D'une manière générale, la palette naturelle (beige, et teintes d'automne avec des incursions remarquées de bordeaux et d'ocre) était à l'ordre du jour.

« En tant qu’homme, on a besoin de confort. On est sexy parce que l’on se sent bien», souligne Milan Vukmirovic de retour dans la capitale lombarde, où il a présenté sa première collection pour Ports 1961. « Je m’adresse à un homme à la fois élégant et informel, qui se plaît. Chaque homme doit se plaire. Lorsque tu te sens bien, tu te sens beau », renchérit Roberto Cavalli. « L’homme a profondément changé, il se regarde davantage. Il n’a plus peur de sortir des rangs. Etre beau, cela veut dire aussi avoir quelque chose de différent », note pour sa part le styliste Ermanno Scervino.

L'homme adopte une allure chic-décontractée, ici un look de N°21 (Photo: PixelFormula)

« Il y a moins de fantaisies, mais plus de recherche dans le design avec des applications, des inserts et des détails techniques souvent inspirés du monde sportif», constate Salvatore Parisi, à la tête d'un multimarque à Taormina en Sicile. Tout se joue, en effet, sur le petit détail chic, comme des chaussettes colorées, les sandales en velours, des bottines orange vues chez Jil Sander qui attirent l’attention au pied d’un look sombre, ou encore les semelles rouge et turquoise fluo proposées par John Richmond.

« Les couturiers ont proposé un classique informel, laissant plus de liberté à l’homme avec des pièces plus fonctionnelles et à l’arrivée plus accessibles, car plus simples », conclut Flaminio Soncini, titulaire de la boutique Tony, aux portes de Milan.

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