Franck Sorbier signe un joyeux tintamarre

Labellisé grand couturier en 2005, Franck Sorbier a investi pour sa collection Haute Couture de l’automne-hiver 2017-18 le Pavillon des Champs-Elysées, lui insufflant une ambiance ténébreuse, pétales noirs au sol et échelles de chantier sur scène. Sur fond de percussions lancinantes, sur un rythme saccadé, la maison a livré une performance dansée, se jouant des codes attachés aux matières luxueuses et mettant à l’honneur des robes devenues toiles, façon street art.

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Franck Sorbier - automne-hiver 2017 - Haute Couture - Paris - © PixelFormula

Sous les stroboscopes, une maîtresse du temps - en quelque sorte -, affublée d’un corset en métal rappelant un mécanisme horloger, s'est mise à tourner sur elle-même et accueillait les différentes silhouettes, dont certains motifs ont été imaginés et peints par la femme du créateur, Isabelle Tartière-Sorbier.

Un travail en duo pour le couple, dans leur atelier parisien, où, côté textile, les fonds de tiroir ont cette saison côtoyé les soieries. « Les matières roturières sont ennoblies et les étoffes précieuses désacralisées », affirme la griffe dans son livret. Velours, macramé, laine bouillie, organza de soie, dentelle ou raphia… L’hétéroclisme des matières renvoie à différentes « Femmes du Monde », comme se nomme le show. L’intitulé de chaque tenue donne d’ailleurs le ton : Mademoiselle de l’Action Picturale, Mademoiselle de la Déchetterie et Mademoiselle de la Kermesse sont de la partie.


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Franck Sorbier - automne-hiver 2017 - Haute Couture - Paris - © PixelFormula

Et les références s’entrechoquent, puisque les mannequins au trait d’eye-liner appuyé arborent de complexes coiffures années 1940, faites de vagues plaquées sur les tempes ou d’un volume banane niché au creux du cou. L’esthétique de cette époque transparaît également à travers les jupes midi façon corolle et les longs gants noirs.


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Franck Sorbier - automne-hiver 2017 - Haute Couture - Paris - © PixelFormula

Aux femmes ont ensuite succédé les petites filles, sous l’œil du chanteur Charlélie Couture et de la chanteuse Lio, dont les jumelles Garance et Léa Ribeiro ont défilé. La musique s’est ralentie, les enfants, vêtues de robes amples et peintes de motifs abstraits ou d’un oiseau, étaient bercées par un poème de Jacques Prévert déclamé par l’actrice de la série Dix Pour Cent Ophélia Kolb. Le tout dans une ambiance douce et incongrue à la fois, puisque d’énigmatiques structures métalliques coiffaient les petites. Formant donc, comme le revendique la maison, un joyeux tintamarre.

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