Immobilier commercial : pas de « taxe béton » en 2018

Alors que se renforce la perspective d’un moratoire sur le commerce de périphérie, les promoteurs d’immobilier commercial n’auront pas à faire face en 2018 à une « taxe béton » visant à préserver les terres agricoles. Le gouvernement souhaite en effet se donner le temps de la réflexion.


Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. - AFP

« Aucun dispositif tel qu'une "taxe béton" ne sera instauré en 2018 », a affirmé jeudi Julien Denormandie. Le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, interrogé par Franceinfo, entend d’abord étudier les diverses options proposées. Une déclaration qui intervient après que le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a évoqué la veille cette possibilité de taxe, « dans le cadre d'une réflexion menée à l’invitation de Matignon », a précisé ce dernier.

Cet échange a été particulièrement suivi par les professionnels de l’immobilier commercial, qui voient déjà se renforcer le spectre d’un encadrement strict du commerce de périphérie par les élus locaux. Une question sur laquelle s’opposent notamment le député Patrick Vignal, président de l’association d’élus Centre-Ville en Mouvement (lire notre interview « Une majorité de centres-villes sont devenus des mouroirs »), et le délégué général du Conseil National des Centres-Commerciaux, Gontran Thüring (lire notre interview « Dans cinq ans, il sera trop tard pour certaines villes »).

La stratégie du gouvernement « est de voir comment (..) revitaliser les centres-villes, les centres-bourgs et protéger l'environnement », a confirmé le 12 octobre Julien Denormandie, à l'antenne de la radio publique. « En 2018, il n'y aura donc aucun mécanisme de quelque sorte que ce soit, parce qu'en 2018, nous réfléchirons avec Nicolas Hulot et les autres ministres à comment régler ce sujet. (…) Sur certains territoires, il y a des villes ou des villages où les centres-villes périclitent, parce que l'ensemble des constructions nouvelles se font en périphérie, au détriment de la production agricole, et ça, ça pose un problème pour tous les Français. »

Le commerce de périphérie est régulièrement pointé du doigt comme le principal responsable de la désertification commerciale des centres-villes. En janvier dernier, la Fédération pour l'urbanisme et le développement du commerce spécialisé, Procos, dévoilait des chiffres alarmants, indiquant que plus de la moitié des villes françaises ont franchi le cap des 10 % de vacance commerciale, là où le taux moyen était de 7,2 % en 2012. Les petites et moyennes agglomérations apparaissent comme les principales victimes du phénomène.

La rédaction avec AFP

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