Isabelle Ginestet-Naudin (Bpifrance) : "Nous voulons parier sur de nouveaux modèles plus disruptifs"

Bpifrance a annoncé en février dernier le lancement d’un prêt destiné aux « industries créatives ». Ce nouvel outil vient renforcer les actions de Bpifrance auprès des jeunes entreprises évoluant dans le domaine de la création, en plus du fonds Mode & Finance 2, qui investit de façon minoritaire dans de jeunes griffes. Isabelle Ginestet-Naudin, en charge des fonds industries créatives de la banque publique, revient pour FashionNetwork sur ces évolutions et sur leurs objectifs.
 
FashionNetwork : Comment vont s’articuler les actions de Bpifrance entre le prêt aux industries créatives et le fonds Mode & Finance 2 ?

Isabelle Ginestet-Naudin : Les deux s'articulent bien, le prêt a été souhaité et conçu pour compléter le continuum de financement et d'accompagnement proposé par Bpifrance. L’articulation est véritablement voulue, ce nouveau prêt vient en appui de notre action en fonds propres. Notre investissement en fonds propres via Mode & Finance n’était pas toujours suffisant pour avoir un levier de financement bancaire. Nous avons travaillé à ce que la définition des « industries créatives » soit la nôtre et qu'elle recoupe avec celle nous adoptons déjà dans notre métier d'investisseur.
Isabelle Ginestet-Naudin, chargée des fonds des industries créatives

FNW : Les candidatures pour le prêt vont être ouvertes au mois d’avril, comment cela va se passer ?

IG-N : Nous avons mis en place le site pour recueillir les dossiers. C’est désormais dans les mains des chargés d’affaires de financement, qui vont examiner les demandes. Nous avons une enveloppe de 30 millions d’euros sur deux ans, ce qui nous permettra de financer environ 200 entreprises sur la période, qui pourront donc bénéficier d'un financement global de 60 millions d'euros. Le prêt est nécessairement associé à un cofinancement d'un montant au moins égal. Nous ne pouvons pas anticiper sur les candidatures ; à partir du mois de mai, nous allons voir comment cela se déroule dans le temps.

FNW : Concernant Mode & Finance 2, où en êtes-vous ?

IG-N : Il nous reste encore un peu d’argent à investir, à peu près 6 millions (sur les 18 millions de départ, ndlr). Nous avons encore de quoi faire, mais pas non plus énormément, car nous devons compter les réinvestissements dans nos participations à qui nous laissons le temps de se déployer. Donc peut-être encore trois ou quatre opérations dont une qui devrait bientôt se finaliser dans les deux prochains mois. C’est une entreprise qui évolue dans le domaine de l’équipement de la personne.

FNW : Y aura-t-il ensuite un Mode & Finance 3 ?

IG-N : J’espère bien. Mais pour l’instant, ce qui est acté, qui découle de notre plan stratégique et qui vient, au même titre du prêt, pour optimiser le développement des entreprises, c’est le fonds Patrimoine & Création 3. Il est en cours de décision, mais nous espérons qu’il verra le jour au second semestre de cette année. Il est destiné aux entreprises plus matures, qui réalisent plus de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et qui sont structurellement rentables, comme Paule Ka, qui faisait partie du premier millésime. La nouveauté de ce fonds pour cette troisième génération est la création d’une poche de capital risque pour les entreprises de médias. Nous voulons parier sur de nouveaux modèles plus disruptifs, qui viennent bousculer les modèles classiques, à l’image de ce que nous avons fait avec Bonne Gueule, quand nous avons investi via le fonds Mode & Finance 2. La marque s’éloignait de notre cœur historique, Bonne Gueule avait un parti pris et un accès au marché différents, en étant communautaire et prescripteur.

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