JB Martin : le nouveau président présente un plan de rationalisation

Alors que JB Martin est toujours engagé dans une procédure de redressement judiciaire, le président du directoire de la société fougeraise, Guillaume de Feydeau, a souhaité lever le voile sur le projet de plan de continuation qu’il appliquera si celui-ci est validé le 20 décembre prochain par le tribunal de commerce de Paris. L’heure sera à la rationalisation pour relancer l’activité.


Guillaume de Feydeau - DR

Nommé président du directoire du chausseur le 30 octobre par son actionnaire, Francis Lagarde, Guillaume de Feydeau a présenté le 8 novembre dernier au tribunal « un projet 2021 », qui s’appuie sur une réduction du périmètre de l’entreprise fondée en 1921, afin de parvenir à terme à l’équilibre. « L’entreprise en vaut la peine, mais pour se redresser, il faut réformer, transformer et faire des économies », énumère celui qui a dirigé la SNCM (la Société nationale Corse-Méditerranée, alors en redressement) de 2014 à 2016 et qui a passé 15 ans au sein du groupe Galeries Lafayette (notamment côté Cofinoga et service fidélisation client).

Comme pressenti par les syndicats, des licenciements sont donc prévus : « Un plan social sera mis en place début 2018. Si on le fait, c’est pour sauver des emplois, plutôt que tout le monde soit licencié si l'activité s'arrête ». Ce plan pourrait, « dans la fourchette haute », concerner la moitié des salariés, soit près de 100 personnes.

Des fermetures de magasins interviendront également si le plan est adopté par le tribunal. Sur les 16 points de vente en propre du chausseur, entre 5 et 10 adresses pourraient baisser le rideau. « Les magasins en propre, ce n’est pas forcément là qu’on gagne de l’argent. L’idée est d’intensifier les relations avec les grands magasins, d'accélérer en wholesale, ainsi qu'à l’international. »

Dans le plan proposé, une enveloppe dont le montant tourne voisine les 5 millions d’euros a été consentie par le fond Alter Finance, propriété de Francis Lagarde. « Nous voulons nous concentrer sur notre savoir-faire, à savoir la création, via nos marques JB Martin pour la femme et Christian Pellet pour l’homme. En revendiquant ce positionnement premium, et non haut de gamme, basé sur une chaussure chic et confortable », précise Guillaume de Feydeau, enrôlé après la révocation de l’ex-directoire composé de Stéphane Baudrey et François Méauzé.


JB Martin a fêté ses 95 ans en 2016. - JB Martin

En attendant, une partie de l’activité a été relancée il y a quelques jours, notamment côté achats, afin de ne pas trop compromettre la saison printemps-été 2018. « Si l’on n’avait pas présenté ce pré-plan, JB Martin aurait cessé son activité le 20 décembre. Notre objectif est de remettre le calendrier opérationnel au centre de nos préoccupations, plutôt que le calendrier judiciaire. Et ensuite d’aller voir nos partenaires, enseignes et magazines, pour leur dire "JB Martin is back" », anticipe déjà Guillaume de Feydeau.

Reste qu’une offre de reprise avait été déposée en septembre par l’entreprise allemande CVC (ex-Vivarte). Le tribunal doit encore statuer sur son cas, même si l'offre initiale avait été jugée irrecevable.

En proie à des difficultés financières, l’entreprise JB Martin avait été placée en redressement judiciaire en mars dernier. Le tribunal de commerce de Paris devrait rendre son verdict le 20 décembre prochain. 

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