Joaillerie : l'exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » s'installe au Grand Palais

Le Grand Palais (Paris VIIIe) accueille l'exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs : Joyaux de la collection Al Thani », jusqu'au 5 juin prochain, revenant sur plus de cinq siècles d'histoire, d'évolution et de beauté du bijou indien. « L'OEil de l'Idole », « Le Miroir du Paradis », « L'OEil du Tigre » : ces diamants d'exception appartenant à la collection Al Thani y sont présentés.

Ouverte jusqu'au 5 juin, l'exposition est composée de 279 pièces, du XVIe siècle à nos jours, appartenant pour la plupart à l'émir du Qatar, Hamad bin Abdullah Al Thani : rubis enchâssés dans la nacre, émeraudes ciselées, diamant cognac pour un turban, colliers de spinelles (sorte de rubis)... « La majeure partie des parures sont réservées aux hommes », explique l'une des commissaires, Amana Taha-Hussein Okada. En témoignent des peintures et photos des précédents propriétaires arborant les joyaux exposés.

C'est seulement à la fin du XXe siècle que les pierres précieuses sont remontées en colliers ou bracelets féminins. Témoin de ce changement, une broche en forme de tête d'éléphant en titane surmontée d'une gerbe de diamant blanc du joaillier américain JAR (Joël Arthur Rosenthal), datée de 2015.

L'exposition s'ouvre sur des bagues en spinelle et en émeraude, ayant appartenu à différents empereurs Moghols, dont Jahângîr (1569-1627). Le nom de leur propriétaire est gravée à la pointe de diamant sur chacune d'entre elles. Dynastie musulmane implantée dans le nord de l'Inde, les Moghols ont régné sur cette région de 1526 à 1858.

Dans une scénographie épurée où l'éclat des pierres donne toute sa mesure, les diamants les plus incroyables se succèdent avant « L'OEil du Tigre », « clou de l'exposition et fierté de l'émir », selon la commissaire. Découvert en 1917 en Afrique du Sud, ce diamant de couleur cognac de 65,5 carats fut la propriété du Maharajah Digvijaysinhji, qui le fit transformer en porte ruban par Cartier en 1937 dans le style « Art-déco ».

A ces pierres uniques viennent s'ajouter des ornements de turbans, dont un daté du début du XXe siècle fait d'une grosse émeraude surmontée de plumes.

Un pendentif en forme de buste masculin en nacre blanche avec une tête et des bras en or sertis de pierres précieuses témoigne de « l'imagination des joaillers du 17e siècle », dit encore Amana Taha-Hussein Okada.

Cet extrême raffinement s'étend aux objets du quotidien qui témoignent de la vie de ces monarques : boîtes en or serties de pierres précieuses, petit bol du même métal servant à boire l'opium mélangé à du jus de fruit.

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