Kenzo : une mode plus douce et bienveillante

Alors que les images déchirantes d’enfants brutalement séparés de leurs parents et détenus dans des cages au Texas dominent l’actualité de la semaine, il est assez instructif de voir la saison parisienne du prêt-à-porter masculin s’achever sur une collection créée par deux Américains - tous deux enfants d’immigrés - dont le thème central était la Bienveillance (Kindness). Ici, pas d’Ugly Americans.


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Kenzo - printemps-été 2019 - Menswear - Paris - © PixelFormula

L’invitation de Kenzo pour le défilé de dimanche soir conviait chaque invité à venir « se rassembler et s’unir dans la célébration de la présentation printemps-été. » Elle contenait aussi un headband marqué Kindness, avec un dragon chinois et un phœnix.

D’autre part, le défilé était présenté au sein de la Maison de la Mutualité, une salle de concert utilisée depuis de nombreuses générations pour les rassemblements politiques et les débats sur les droits humains.

Décor tout indiqué pour un défilé mixte qui a démarré avec une fanfare qui en avait dans le ventre et s’est avancée au milieu du public, perchée sur des tabourets ronds le long d’allées circulaires. Par-dessus nos tête, de gros paniers d’orchidées et de fleurs exotiques montaient et descendaient pendant tout le défilé, éclairés par de nombreux lasers. Pour les hommes – puisque c’est officiellement une saison masculine –, quelques super costumes en coton, avec des rayures multiples ou dans des teintes monochromes acidulées, avec des blazers et des pantalons aux proportions massives. Touche mode, le pantalon large à double pli est désormais pratiquement de rigueur pour tout homme qui veut être tendance, à part peut-être ceux qui ont la chance d’avoir des jambes fines à la Mick Jagger. Il était souvent associé à un noble choix de tricots, arborant les motifs phœnix et dragon.


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Kenzo - printemps-été 2019 - Menswear - Paris - © PixelFormula

Pour les dames, de fausses tuniques en peau de serpent et des trenchs ceinturés, des robes de soie ourlées de dentelle noire, des vestes strictes de gouvernante en crêpe noir et quelques tailleurs pantalons vraiment réussis, réalisés dans le même coton rayé que les pièces masculines. Le tout sur la musique de l’Hypnotic Brass Ensemble, groupe composé uniquement de musiciens noirs, un autre exemple de ce que le duo de créateurs de Kenzo, Carol Lim et Humberto Leon, appelle rassembler « les diverses tribus et sous-cultures que nous croisons tous les jours de notre vie ».

En résumé, une collection pleine d’esprit, mais aussi de sagesse, avec un message d’ouverture. Elle a été préparée bien avant ce que la plupart des gens du monde de la mode considèrent comme des atrocités, commises à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Mais même si ce n’était qu’un défilé de mode, cette soirée a aussi réussi à porter un discours de respect de l’humanité, la mode jouant ainsi un petit rôle dans la lutte perpétuelle pour un monde plus équitable. Il était avant tout question de faire tomber les barrières… plutôt que d’en construire.

Traduit par Marguerite Capelle

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