Kering se prépare de belles marges opérationnelles

Ce 11 janvier, en fin de journée, le conseil d'administration du groupe Kering annonçait sa décision de soumettre aux actionnaires le projet de distribuer en nature quelque 70 % du total des actions de Puma, dont le groupe possède encore 86,4 % des actions.


Le résultat opérationnel de Kering au premier semestre 2017 - Kering

Au terme de cette opération, qui sera notamment explicitée lors de l'assemblée générale des actionnaires de fin avril, Kering ne possèderait plus que 16 % des actions de l'équipementier sportif allemand. Artémis, la holding de la famille Pinault, qui possède 40,9 % du capital de Kering, possèderait au final 29 % de Puma. La part du flottant de Puma passerait à 55 %.

Cette décision n'a probablement pas été simple à prendre au plus haut niveau du groupe français. En effet, l'acquisition de Puma avait été l'un des axes fondateurs de la prise de contrôle de François-Henri Pinault après le passage de relais effectué par son père. Mais clairement, alors que le redressement de Puma a permis à la marque de revenir sur des niveaux de rentabilité intéressants, se focaliser sur le luxe va permettre au groupe d'afficher des ratios globaux encore meilleurs.

Au premier semestre 2017, le groupe a vu son résultat net frôler 1,3 milliard d'euros, avec une marge de 17,5 %. Soit une augmentation de 53 % par rapport à l'année précédente. Le sport lifestyle (Volcom et Puma) a fait plus que doubler son résultat (+129 %), mais avec une marge nette de 5,3 %, la rentabilité est à des lieues de celle du pôle luxe. Volcom, qui fait toujours partie de Kering, comme Outerknown, revoit actuellement sa stratégie pour redresser sa rentabilité. Avec Gucci en locomotive, suivie notamment par Yves Saint Laurent, le luxe affiche lui une marge de 24,9 %.

Difficile d'imaginer une stratégie pour Puma permettant d'atteindre de tels sommets. Aussi, lorsque François-Henri Pinault a quitté le board du groupe allemand en 2017, la volonté de Kering semblait transparaître. D'autant que le cours de l'action de Puma franchissait le cap des 330 euros, son niveau lors de l'achat par Kering dix ans plus tôt.

Bjorn Gulden, directeur général de Puma, annonçait jeudi « être très heureux que Kering ait proposé cette manière de réduire ses parts dans Puma ». « Cela nous permet de continuer dans notre stratégie actuelle qui a commencé à montrer de bons résultats ». Cependant, cela n'a pas réellement rassuré les investisseurs. Le cours de l'action Puma, qui flirtait avec les 360 euros ces derniers jours, a connu une chute radicale à 285,5 euros, avant de remonter à 315 euros. Bien sûr, cela ne concerne que les 14 % du flottant et la signification est donc à modérer.

En revanche, une fois les actions Puma distribuées aux actionnaires de Kering, les mouvements d'actions, avec un flottant représentant 55 % du capital, seront autrement plus significatifs. Une situation nouvelle qui devrait se décanter en mai. La présence d'Artémis à hauteur de 29 % et de Kering pour 16 % ont notamment vocation à assurer la continuité... et à rassurer les actionnaires.

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