L'Oréal rachète Body Shop et ses produits naturels

PARIS, 17 mars 2006 (AFP) - Le numéro 1 mondial des cosmétiques L'Oréal s'offre un lifting écologique en achetant pour 652 millions de livres (940 millions d'euros) la chaîne britannique The Body Shop, réputée pour ses produits de beauté naturels.


Une boutique Body Shop à Londres, le 23 février 2006
Photo : Jane Mingay/AFP

L'opération amicale, dévoilée vendredi par le groupe français, sera entièrement financée en numéraire sur la base de 300 pence par action, soit une prime de 31,5 % par rapport au cours moyen des six mois précédant le début des spéculations il y a quelques semaines.

L'OPA a reçu le soutien des actionnaires fondateurs du groupe britannique, qui détiennent 19,2 % du capital et se sont engagés de manière "irrévocable". Au total, L'Oréal est déjà assuré d'obtenir 42,6 % du capital de The Body Shop.

Créée en 1976 par Anita Roddick, fille d'une famille d'émigrants italiens, The Body Shop a fondé sa réputation sur des produits 100% écologiques, à l'instar de ses savons aux fruits. La société est farouchement opposée à l'expérimentation sur les animaux.

"Nous avons toujours eu beaucoup de respect pour The Body Shop et pour la force de son identité et de ses valeurs", a commenté le PDG de L'Oréal Lindsay Owen-Jones.

Anita Roddick, qui participait à un point presse avec M. Owen-Jones dans un grand hôtel de la City, a dit son "étonnement", mais aussi "sa joie" de se voir marier à la plus grande entreprise de cosmétiques du monde.

Pour elle, "L'Oréal a très bien compris l'originalité dont The Body Shop a fait preuve dans le monde des affaires et à quel point il a contribué à en modifier les règles, dans les domaines des droits de l'Homme, de la protection des animaux, de l'environnement et du commerce équitable".

The Body Shop restera une entité indépendante au sein du groupe. Son réseau de distribution vendra uniquement des produits de la marque The Body Shop et ses dirigeants vont conserver leurs fonctions.

Cette acquisition marque un tournant stratégique pour L'Oréal, qui jusqu'alors avait privilégié la croissance interne et négligé la distribution.

Le français n'est présent dans ce métier qu'au travers de la marque américaine Kiehl's, de Biotherm ou encore des instituts de beauté Lancôme.


Devanture d'une boutique de The Body Shop à Londres le 17 mars 2006 Photo : Ben Stansall/AFP

Avec The Body Shop, c'est un réseau de 2 085 boutiques dans 54 pays qui tombe dans son escarcelle. Les principaux marchés de cette enseigne sont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Les marchés ont bien accueilli cette nouvelle, les analystes y voyant de "nouvelles opportunités de développement". A 12H00 GMT, l'action Body Shop était en hausse de 10,17 % à 295,25 pence à la Bourse de Londres, et celle de L'Oréal prenait 1,07 % à 75,50 euros à la Bourse de Paris.

C'est une "bonne nouvelle pour L'Oréal", estime Manuelle de la Rivière, analyste chez Fideuram Wargny. Selon elle, cette acquisition marque un changement de politique alors que Lindsay Owen-Jones quitte ses fonctions en avril.

Jean-Paul Aagon, son successeur désigné, "semble rompre avec son prédécesseur, à qui l'on reprochait l'absence d'utilisation du cash et la timidité des acquisitions réalisées", commente-t-elle.

Cette opération s'inscrit enfin dans la suite logique de l'acquisition du laboratoire SkinEthic, annoncée le 28 février, permettant l'expérimentation sur peaux synthétiques et non plus sur les animaux.

L'an passé, The Body Shop a réalisé un chiffre d'affaires de 419 millions de livres (603 millions d'euros) sur l'exercice achevé à la fin février, une goutte d'eau comparés aux 14,53 milliards d'euros (+ 6,5 %) de L'Oréal.

Le fonds américain Fidelity est son premier actionnaire institutionnel avec environ 13 % du capital.

Par Delphine TOUITOU

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