L'Oréal : taxé d'espionnage par les instituts de beauté Guinot, le groupe dément

Paris, 15 juin 2017 (AFP) - Le PDG de l'enseigne d'instituts de beauté Guinot poursuit en justice L'Oréal, qu'il accuse d'avoir acquis des informations confidentielles à l'insu de certains de ses franchisés, allégations que le géant des cosmétiques a "formellement" récusées jeudi.

Guinot attaque L'Oréal - Guinot

A plusieurs reprises entre 2014 et début 2015, des "enquêteurs" se seraient rendus dans des instituts franchisés de Guinot pour obtenir des détails confidentiels sur leur offre de soins et leur savoir-faire, a déclaré à l'AFP Jean-Daniel Mondin, PDG de l'enseigne.

Ces enquêteurs "sont arrivés en se présentant sous le nom de Guinot" et ont enregistré leurs interlocuteurs "à leur insu", a dénoncé Jean-Daniel Mondin, confirmant les propos d'un article publié jeudi sur le site Opinion Internationale.

En mars 2015, des huissiers, mandatés sur ordonnance du tribunal de commerce de Paris après une requête de Guinot, ont saisi des documents auprès de ces enquêteurs, démontrant que leur commanditaire n'était autre que L'Oréal, toujours selon le PDG.

Par ailleurs, L'Oréal et Guinot étaient encore liés à cette époque par une clause de confidentialité, le premier ayant tenté de racheter le second, avant d'y renoncer en septembre 2013 et d'acquérir deux autres marques pour instituts de beauté, Carita et Decléor, selon Jean-Daniel Mondin. "L'Oréal a voulu espionner Guinot au profit de Carita par des méthodes déloyales", a-t-il dit.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, L'Oréal a jugé "totalement calomnieux, mensongers et diffamatoires" les propos rapportés par Opinion Internationale, disant se réserver le droit "d'engager toutes actions appropriées".

Le groupe a toutefois confirmé qu'un "prestataire extérieur" avait mené "six entretiens" auprès d'esthéticiennes, mais qu'ils "ne visaient en rien à s'approprier un savoir-faire particulier". "Il n'est d'ailleurs pas sérieux de prétendre qu'à l'aide de ces six entretiens, L'Oréal se serait accaparé le coeur du savoir-faire appartenant à la société Guinot", a dit le groupe.

"Ces allégations s'inscrivent dans le cadre d'une multiplicité de litiges et contentieux de nature commerciale entre les deux maisons, concernant notamment leurs marques respectives", a ajouté L'Oréal.

Guinot a assigné le géant mondial des cosmétiques devant le tribunal de commerce de Paris fin 2016. Jean-Daniel Mondin réclame 13,5 millions d'euros de dommages-intérêts à L'Oréal. Depuis cette affaire, dit-il, le savoir-faire de son entreprise a perdu sa "valeur exclusive" auprès de ses partenaires commerciaux.

Guinot réalise un chiffre d'affaires annuel de près de 80 millions d'euros. Son groupe, qui comprend aussi l'enseigne Mary Cohr, compte un réseau de 250 franchisés en France. Il distribue ses produits et appareils auprès d'une dizaine de milliers d'instituts de beauté indépendants dans le monde.

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