L'instant multiethnique de Miu Miu

Changement de casting radical et vision plus ouverte sur le monde chez Miu Miu, dans une collection incarnant la réaction d'une grande créatrice, Miuccia Prada, face à notre planète hyperconnectée (bien qu'elle-même ait plutôt tendance à se tenir loin de tout cela). 

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Miu Miu - printemps-été 2018 - Womenswear - Paris - © PixelFormula

Miu Miu, une griffe italienne qui défile depuis de nombreuses années à Paris, a souvent proposé un exercice d'équilibriste entre chic français et gravité italienne d'un point de vue esthétique. Cette saison était radicalement différente.

La majeure partie des mannequins n'avaient pas la peau blanche, en réaction à une célèbre féministe qui ne présentait que des mannequins blancs. Et Miuccia avait adapté tout son travail : les tops à la peau sombre portaient des foulards et des coupes afro ramenées en chignon, avec des vêtements aux coupes masculines - de supers vestons en laine pleins de vivacité et des pantalons d'écoliers. Mélangeant les cultures, Miuccia avait glissé des gaines de dentelle par-dessus presque toutes les pièces : des chemises à carreaux aux tops sportifs. Même si sa principale idée, c'était du cuir pour l'été : de longs manteaux effet seconde peau, avec des revers croisés en agneau d'une grande finesse, en imprimés à carreaux et plantes en pot.

« J'ai observé le vaste monde, les différentes races et les différents endroits. Les façons diverses dont on s'habille en Europe ou en Chine, mais aussi les différentes visions de la beauté qui existent. J'ai adoré travailler avec toutes ces filles différentes pour le défilé de cette saison. Les choses évoluent et nous vivons dans un monde bien plus connecté », expliquait Miuccia Prada, qui a admis surfer sur le Web, mais a insisté sur le fait qu'elle n'avait jamais rien acheté sur Internet.

« Je ne l'ai pas fait personnellement, parce que je peux me permettre ce luxe. Mais mon entreprise s'occupe de tout ce qui est e-commerce », a-t-elle précisé. En ajoutant aussi que même ses deux fils évitent les réseaux sociaux. « Ce qu'on appelle la génération Y, c'est juste une catégorie commerciale de plus ! Pfff ! » lâchait-elle, affirmant qu'il n'était même pas question pour elle d'avoir un compte Facebook ou Instagram : « Je tiens beaucoup trop à ma vie privée. »

Cette saison, l'industrie de la mode a fait un effort notable pour décourager le recours aux mannequins taille zéro, consciente que cela peut pousser les jeunes femmes à l'anorexie. Chez Miu Miu, on ne pouvait s'empêcher de remarquer quelques tops plus petites et pulpeuses que d'habitude, dont la plupart étaient d'origine africaine : on n'a jamais vu autant de filles aux jolies courbes dans les défilés des griffes appartenant aux groupes LVMH ou Kering. Ces deux géants du luxe ont annoncé l'interdiction sur leurs défilés de tous les mannequins en dessous de la taille 34 en France et zéro aux Etats-Unis. 

Traduit par Marguerite Capelle

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