LVMH s’envole au 3ème trimestre grâce à la mode et la maroquinerie

Le numéro un mondial du luxe LVMH a vu ses ventes progresser de 14 % sur les neuf premiers mois de l’année, à 30,1 milliards d’euros (+12 % en croissance organique), par rapport à la même période un an plus tôt. Soit un résultat supérieur au consensus établi par différentes agences d'informations financières, qui tablaient sur une croissance autour de 9 %. En fin d’après-midi, le titre progressait de plus de 2 % à 236,90 euros ce mardi à la Bourse de Paris, le marché saluant ces résultats.

La Maison Louis Vuitton Vendôme tout juste inaugurée à Paris - lvmh.fr

Toutes les divisons du groupe ont enregistré des croissances à deux chiffres, à l’exception des activités vins & spiritueux (+7 %). En particulier le pôle Mode & Maroquinerie de LVMH, dont les ventes ont bondi de 21 % (+14 % en croissance organique) entre janvier et fin septembre, à 10,838 milliards d’euros. Sur le seul troisième trimestre, il affiche une croissance organique de 14% à 3,9 milliards d’euros. Cette croissance avait été de 15 % au premier trimestre et de 13 % au deuxième.

Cette division abrite la marque phare Louis Vuitton, ainsi que d’autres maisons de luxe telles que, entre autres, Fendi, Berluti, Céline, Emilio Pucci, Givenchy, Kenzo et Loewe, et pour la première fois en ce troisième trimestre Christian Dior Couture, dont les activités, détenues auparavant par la holding Christian Dior, ont été intégrées au groupe suite à son rachat de la marque en avril pour 6,5 milliards d'euros.

Sur les neuf premiers mois, ces changements structurels de périmètre avec l’intégration de Christian Dior Couture, mais aussi l’acquisition de Rimowa et la cession de Donna Karan ont eu un impact positif de 8 % sur le pôle Mode & Maroquinerie, tandis que l’effet de change a eu un impact négatif de 1 %. Un très bon signe pour le groupe compte tenu de l’importance de cette division qui représente un tiers des ventes totales et est la principale contributrice aux profits de LVMH.

La société de Bernard Arnault maintient toutefois un profil prudent, consciente d’avoir bénéficié, comme ses concurrents, d’une base de comparaison très favorable. Pour rappel, l’an dernier, les résultats du troisième trimestre avaient pâti d’une chute des achats en Europe suite aux attentats de novembre 2015 à Paris.

« Dans un contexte géopolitique et monétaire incertain, LVMH continuera de faire preuve de vigilance », indique le géant du luxe dans son communiqué, en y rappelant comment « les taux de change ont eu un impact négatif de 5 % sur les ventes totales du groupe lors du troisième trimestre 2017 ». L’environnement économique reste compliqué en effet avec la hausse de l'euro qui freine les flux touristiques en Europe, les tempêtes en Floride et les tensions politiques avec la Corée du Nord.
 
Mais le groupe peut compter sur la force de sa griffe porte-drapeau Louis Vuitton, dont le chiffre d’affaires est estimé à plus de 8 milliards d’euros et qui compte pour plus de la moitié du résultat opérationnel du groupe. Comme le souligne l’entreprise, la griffe, dont les collections féminines sont signées Nicolas Ghesquière, « est toujours portée par son exceptionnelle force d’innovation, illustrée en particulier par sa première montre connectée, lancée en juillet, qui suscite une forte demande ». Le malletier, qui vient d’inaugurer un énorme flagship place Vendôme à Paris et de choisir comme nouvelle égérie l’actrice Emma Stone, vit un moment magique.
 
Depuis la fin de l’an dernier, Louis Vuitton surfe en particulier sur la reprise de la demande chinoise. Au dernier trimestre, le label « a progressé beaucoup plus vite dans la Chine continentale qu’à l’extérieur, et la croissance dans la grande Chine a été bien plus robuste que dans le reste de l’Asie », a expliqué mardi le directeur financier, Jean-Jacques Guiony, en indiquant que la situation à Hong Kong était en train de se normaliser. Les ventes totales du groupe ont bondi de 21 % en Asie au troisième trimestre, tout comme au Japon.
 
Autre facteur de croissance pour Louis Vuitton, la hausse du pouvoir d’achat des classes moyennes dans les pays émergents. Son offre élargie de sacs et produits de maroquinerie à des prix plus accessibles s’avère payante. Parallèlement, la maison veille à préserver son image d’exclusivité. « Nous avons limité volontairement le business dans certaines de nos catégories best-seller pour éviter d’être surexposés sur certains produits et pour avoir plus de temps à disposition pour la production », a souligné le groupe lors d’une téléconférence avec les analystes.
 
Pour ce qui est des autres maisons, LVMH évoque « une excellente performance » au troisième trimestre pour Christian Dior et signale le développement retail de Fendi aux Etats-Unis avec l’ouverture des boutiques de New York, San Francisco et Dallas.

Pour le bagagiste allemand Rimowa, qui a intégré le groupe en janvier 2017, « il n’y aura pas de résultats fantastiques avant plusieurs trimestres ». Quant au site e-commerce de luxe 24 Sèvres, lancé depuis peu, « il faudra attendre pour qu’il atteigne son rythme de croisière et il sera déficitaire pendant quelques années car ce n’est pas une activité qui se développe en 10 minutes », a conclu le directeur financier.

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