La cravate n'est plus obligatoire au Parlement britannique

C'est une petite révolution au Parlement britannique : depuis jeudi, les députés n'ont plus l'obligation de porter la cravate en séance. Certes, aucune règle n'imposait officiellement le port de la cravate, mais l'usage voulait que les députés arborent l'accessoire, comme le rappellent les « Règles de comportement et de courtoisie » de la chambre des Communes.

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« Il n'existe pas de code vestimentaire précisément défini. L'usage veut que les hommes portent vestes et cravates; un niveau similaire de formalité devant être observé par les femmes », explique ledit règlement. C'est au « Speaker » - équivalent du président de l'Assemblée française -, que revient le soin de faire la police de la mode et de fixer le cas échéant de nouvelles règles vestimentaires.

La révolution a eu lieu jeudi, après une étincelle allumée la veille par le député du Parti libéral-démocrate (centre) Tom Brake, venu sans cravate. « Je ne suis pas du genre à discuter mode, mais j'ai remarqué hier qu'un élu sans cravate avait été autorisé à poser une question à la chambre », a souligné jeudi le député conservateur Peter Bone. « Les règles ont-elles changé ? » a-t-il demandé au Speaker, John Bercow.

« Il me semble qu'à partir du moment où un élu vient à la chambre avec ce que l'on pourrait assimiler à une tenue de ville, la question de savoir s'il porte ou non une cravate n'est pas vraiment centrale », a répondu John Bercow. « Pourrais-je ne pas solliciter un élu simplement parce qu'il ne porte pas de cravate ? Non », a-t-il dit. « Est-ce que je considère vital qu'un élu porte une cravate ? Non », a insisté le Speaker, qui a également cette année banni le port obligatoire de la perruque par les clercs du Parlement.

Le nouveau code vestimentaire concerne également les journalistes politiques, dont certains s'étaient vu refuser l'entrée de la galerie des médias du Parlement pour s'y être présentés sans cravate.

La nouvelle faisait grand bruit jeudi, la presse britannique accueillant le changement avec des réactions contrastées. « C'est quoi la prochaine étape ? Des députés en tongs et en shorts ? » s'indignait sur Twitter Christopher Hope, un journaliste du quotidien conservateur The Telegraph. A l'inverse, Matt Dathan, du tabloïd The Sun, saluait un Parlement « sortant enfin du XIXe siècle ».

Le Parlement britannique n'est d'ailleurs pas le seul à se poser la question du port de la cravate : mardi, les députés du groupe La France insoumise (LFI) se sont ainsi présentés, sans rien autour du cou, au Palais Bourbon, justifiant ce choix par un rejet des « codes vestimentaires qui nous sont imposés ».

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