Le Soulier Français se relance avec des ambitions affirmées

Fermé début 2014, l’atelier de Romans-sur-Isère, qui travaillait pour Stéphane Kélian et Charles Jourdan, a relancé sa production en août dernier. Le couple Priscille Demanche et Xavier Porot, fondateurs de la marque Ellips, qui l'a racheté, entend y attirer les productions de marques aspirant comme eux au Made in France.

 

Six marques produisent d’ores et déjà dans cette structure ressuscitée après 18 mois de préparation, dont Fred Marzo, Atelier Tersi et même Pamela Anderson. Et les contacts se multiplient avec de grandes marques françaises, et même des signatures américaines souhaitant arborer du Made in France. « Ça, je ne m’y attendais pas », confie Xavier Porot.

Pour l’heure, le Soulier Français compte une quinzaine d’employés, détenteurs du savoir-faire historique de l’entreprise, pour une capacité de production de 25 000 paires par an. L’objectif d’ici trois ans est d’atteindre les 100 000 paires, et de porter à une cinquantaine des effectifs organisés autour de la transmission du savoir.

Est par ailleurs d’ores et déjà évoqué le lancement d’une nouvelle marque propre éponyme, qui sera notamment proposée sur un site conçu par l’entreprise. Portail où seront également invitées à vendre les autres marques produites sur place et souhaitant mettre en avant leur nature bleu-blanc-rouge.

Et c’est notamment sur le service que comptent les repreneurs pour séduire, s’engageant à fournir aux marques un soutien dans la conception, un accompagnement dans les processus d’aides étatiques à la création, et une documentation claire leur permettant de protéger leurs créations. Etape souvent délaissée par les concurrents italiens ou espagnols.
 
« L’idée n’est pas de faire du Made in France au prix du Made in China », explique Xavier Porot. « Mais, quand on regarde l’écart des coûts de main-d’œuvre entre France et Italie, il serait de 30 %. En réalité, à y regarder mieux, il n’est que de 10 %. Le problème est surtout que les usines françaises se sont positionnées en façonniers, demandant aux marques de tout fournir, là où les italiennes sont très organisées. En France, certains éléments ne peuvent plus être produits, ou avec des prix en décalage par rapport au marché. »
 
Le Soulier Français se relance sans aucune aide de l’Etat. « Inadmissible » pour les repreneurs qui, s’ils comprennent que l’attribution de fonds publics demande des vérifications, ont désormais écrit à Emmanuel Macron et au préfet de la Drôme pour tenter de faire avancer leur cas.

En marge, une opération de crowdfunding visant à récolter 300 000 euros a été lancée sur Raiser.com. Dans le viseur, le développement de nouveaux services, l’élargissement de la clientèle vers les créateurs et Maisons de luxe, et le déploiement d’un magasin d’usine, « dans la grande tradition des marques romanaises ».

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