Le made in Italy parle d’une seule voix avec Confindustria Moda

Avec Confindustria Moda, la mode italienne veut se faire entendre et gagner en visibilité, notamment à Bruxelles. Au terme d’une longue gestation, puisque le projet a commencé à germer en 2005, les principales associations du textile, habillement et accessoires se sont réunies au sein d’une seule et même grande fédération patronale, qui a inauguré ce mardi à Milan son siège, non loin du Corso Sempione.


Le tout nouveau siège de Confindustria Moda à Milan - FashionNetwork.com ph DM

Cette « Casa della moda » (maison de la mode), un espace de 3 800 mètres carrés sur quatre niveaux restructuré par l’agence d’architecture Il Prisma, est installée dans un édifice historique de 1940, au n°3 de la Via Alberto Riva Villasanta, qui abritait à l’origine la maison et le laboratoire de Nicky Chini, connu dans les années 1920 pour ses cravates colorées.

Elle héberge désormais une centaine de personnes provenant des associations de l’industrie de la mode et du textile chapeautées par SMI (Sistema Moda Italia) et de celles des producteurs d’accessoires (maroquinerie, chaussure, fourrure, lunettes, orfèvrerie) réunies au sein de Fiamp, la Fédération de l’accessoire mode et personne. L'Union des tanneurs, Unic, est la seule à ne pas avoir déménagé dans les lieux.

« Nous avons décidé de nous installer dans une maison commune car avoir un siège unique est fondamental pour être plus unis et faire jouer les synergies, notamment en tant que lobby auprès des instances européennes », affirme le président Claudio Marenzi, qui préside aussi Pitti immagine. « C’est une confédération unique au monde. Un moment historique pour le made in Italy », s’enorgueillit-il.

La nouvelle entité œuvrera en particulier dans le domaine juridique (activité de lobbying, de la lutte à la contrefaçon à la protection de la propriété intellectuelle, conseils juridiques aux entreprises, etc.), dans le domaine social (les relations industrielles pour tout ce qui est lié au droit du travail) et comme centre d’études.

Claudio Marenzi est épaulé par Cirillo Marcolin en tant que vice-président de Confindustria Moda, dont il prendra la présidence dans deux ans, ainsi que par Gianfranco Di Natale en charge des affaires institutionnelles et par Astrid Galimberti pour les affaires internes.

A elle seule, Confindustria Moda regroupe 66 751 entreprises employant 581 000 personnes pour un chiffre d’affaires total de 94,16 milliards d’euros (+3,2 % par rapport à 2016), réalisé à 65,6 % à l'export. Sa balance commerciale affiche un excédent de 27,7 milliards d’euros (+7,9 %), « soit plus de 50 % de la valeur de la balance commerciale positive de l’Italie, qui s’établit autour des 52 milliards », souligne Claudio Marenzi.


Claudio Marenzi préside la nouvelle « maison de la mode italienne » - FashionNetwork.com ph DM

Les exportations de mode, textile et accessoires made in Italy ont atteint 61,8 milliards d’euros l’an dernier (+5,2 %) par rapport à l’année précédente, enregistrant des croissances à deux chiffres pour les secteurs de la maroquinerie, la fourrure et l’orfèvrerie. L’Union européenne est le principal débouché pour la mode italienne, en particulier la France (+5,7 %), l’Allemagne (+3,7 %), le Royaume-Uni (+4,1 %) et l’Espagne (+5 %).

Les exportations vers la Suisse, devenue une sorte de grande plateforme logistique d’où sont réexportées les produits italiens, ont augmenté de 17,2 %, tandis que les importations provenant de ce pays vers la Péninsule ont bondi de 22,3 %. A noter, enfin, la reprise des exportations vers la Russie (+12,4 %), leur croissance de 8,5 % vers la Corée du Sud, de 14,1 % en Chine et juste de 0,8 % aux Etats-Unis, alors qu’elles ont reculé de 2,9 % au Japon.

« Le Japon est un marché important, tout comme les Etats-Unis, dont la croissance a été moindre cette année, mais qui représente trois fois notre business en Chine », nuance Claudio Marenzi, qui se montre moins optimiste pour 2018. « Il faut être prudent, car nous faisons face à beaucoup d’incertitudes. Une année qu'il faudra par ailleurs comparer avec un 2017 très positif », conclut-il, en évoquant notamment la possibilité pour les Etats-Unis d’imposer des droits de douane sur le secteur de la mode.

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