Le workwear, entre inspiration créative et tendance de fond

Si le travail devient une denrée rare, dans bon nombre de pays occidentaux son vestiaire traditionnel ne cesse d'inspirer les créateurs et les marques.


Heron Preston

C’est dans un garage à métaux du IIIème, Weber Métaux, avec ouvriers en action, que le créateur américain originaire de Chicago, Heron Preston venait présenter sa dernière collection durant la Fashion Week masculine. Un défilé débout, répété dans la journée, et qui compta comme invité de marque Virgil Abloh. Artiste multifacette, sorti diplômé de la Parsons School, l’Américain Heron Preston avait notamment fait parler de lui l’année dernière à la Fashion Week de New York en présentant une collection recyclant les tenues d’éboueurs de la ville.
 
Fasciné par le workwear, le designer, qui a déjà collaboré avec Nike ainsi qu’avec Kanye West sur plusieurs collections, faisait marcher ses modèles le long d’établis, les habillant de chemises larges à bandes fluorescentes, de pantalons baggy à grandes poches, toujours fonctionnels, la ceinture de protection façon siège d’avion structurant des silhouettes boxy. Une ambiance métissée d’influences sportswear à tendance 90's, très graphique, colorée et très typée "Amérique".
 

La marque Edi.zlingfeng - DR

Place Vendôme, sur le salon Man, Nigel Cabourn, figure mythique des marques à héritage, présentait ses classiques revisités sous l'étiquette Lybro by Nigel Cabourn, vieille marque anglaise de vêtements de travail née en 1927. L'occasion, ici, de rappeler que des pièces telles que la salopette et la combinaison à l'allure workwear s'inspirent, en réalité, des archives de l'US Marine Corps pour la première, et de l'armée de l'air australienne pour la seconde. Pour l'été prochain, ses vestes sont déclinées en vert amande ou en rouge vif, en plus de coloris traditionnels.


Nigel Cabourn et Emilie Casiez, styliste femme - Christel Divert FashionNetwork

Chez Vétra, le fabricant français de vêtements de travail créé, comme Lybro, en 1927, la collection reste fidèle à ses incontournables. Outre la veste épurée, cotte et combinaison s'avèrent ultra-branchés. En dehors de l'indépassable bleu de travail et d'un noir chic, Vétra ose le bleu lavande, le rouge vermeil et le rose malabar. La collection compte de nombreux fans. Elle est distribuée chez une centaine de revendeurs dans une quinzaine de pays.

Le label Albam, également présenté sur Man, s'inspire du workwear et l'interprète avec un regard sportswear venu des 90's. La marque a été fondée il y a une dizaine d'années par Alastair Rae et James Shaw, qui possédaient un magasin à Nottingham. Des vestes de travailleurs en toile épaisse, mais aussi des chinos et chemises composent la base de ce vestiaire, les coupes étant ici réinterprétées et modernisées. Le tout est enrichi par des pièces d'inspiration outdoor qui apportent une touche sporty dans les quatre collections annuelles. Surtout, sur un marché où le bleu et le vert kaki sont rois, Albam, qui est contrôlée par l'agence Four Marketing depuis deux ans, injecte des coloris rafraîchissants dans ses lignes confectionnées au Portugal.


Albam réinterprète les pièces workwear - Albam

Plus récente, la marque Ancor fondée par Bertrand et Pierre-Edouard Derain, présentait elle aussi au salon Man un vestiaire sportswear inspiré pour l'été prochain par l'univers de l'aviation, des aérodromes, des pilotes et aiguilleurs. Un environnement plus workwear pour cette quatrième collection visible à travers sweats et tee-shirts reprenant radars et calandres. Complétant cette ligne par un pendant plus classique, travaillé dans les belles matières (anglaises, japonaises, italiennes), la marque Ancor a réussi à séduire le marché asiatique, avec près d'une douzaine de points de vente à Tokyo ou Séoul, et a récemment revu son positionnement prix, désormais plus accessible (surchemise à 190 €, tee-shirt à 55 €, manteau à 400 €) comme sa fabrication (désormais au Portugal) pour tenter de séduire le marché français et européen. 

Plus jeune, la marque Edi.zlingfeng s’invitait dans le corner des "Independant Designers" du Tranoï Week. Son créateur Lingfeng Zhu, d’origine chinoise et passé par le London College of Fashion, s’était fait remarqué à travers un défilé de fin d’études aux tenues de survie disproportionnées. Sur le portant du créateur à Paris, un vestiaire plus sage, mais tout aussi inspiré des univers workwear et militaire : des costumes ultra-accessoirisés de pièces inspirées du tablier. Sur ses silhouettes, des bretelles au format ceinture de sécurité, une idée du workwear romantique et pratique qui, en grandissant encore, pourrait bien se faire connaître.

AC, CD et OG
 

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