Léon-Claude Duhamel (fondateur de K-Way): "Repartir du coupe-vent, c’était la bonne approche"

Léon-Claude Duhamel a créé le premier K-Way en 1965. L'histoire veut qu'il ait vu deux enfants protégés de la pluie par un vêtement en nylon rouge et s'en soit inspiré pour revisiter le vêtement de pluie avec un coupe-vent léger muni d'une astucieuse poche. Le produit est à l'époque parfaitement « marketé » et séduit les familles avec 250 000 vestes vendues dès la première année. En 25 ans, la marque vend plus de 40 millions de pièces. Mais K-Way, revendue au groupe Pirelli au début des années 1990, rencontre des difficultés et doit faire face à une forte concurrence. La marque s'étiole et si le nom reste, le produit disparaît. En 2004, le groupe italien BasicNet reprend la belle endormie. Et décide de la relancer au début des années 2010 sur un positionnement premium, avec notamment un focus sur le marché français. Pour l’ouverture du flagship parisien de la marque française (propriété de l’Italien BasicNet), au 21 rue du Temple, dans le Marais, le fondateur de la marque, retiré des affaires, livre son regard sur la renaissance de K-Way.

Léon-Claude Duhamel, dans le nouveau flagship parisien de K-Way - Jean Picon

FashionNetwork.com : Lorsque que vous avez lancé K-Way, pensiez-vous que la marque aurait un jour ce positionnement lifestyle ?

Léon-Claude Duhamel :
Ce qu’est K-Way aujourd’hui, c’était impossible à réaliser de notre temps. Nous avions une image technique et populaire. Nous étions estampillés comme une marque homme et enfant. Aujourd’hui, ils sont venus sur un terrain plus mode et peuvent proposer de la femme. Le changement est flagrant.

FNW : Pourtant la marque a tenté d'aller sur la mode. Pourquoi cela n'a-t-il pas fonctionné ?

LCD :
Quand nous avons vendu à Pirelli au début des années 1990, le dirigeant de l’époque pensait qu’il fallait faire de la mode. Mais c’était une toute petite partie du réseau de distribution. La force de vente en place pensait que ce changement mode n’était pas opportun. Et d'ailleurs, les clients n’ont pas compris. Il y a eu une chute du chiffre d’affaires. Pendant trois ou quatre ans, ils se sont entêtés. Et quand il y a eu un changement et qu’une nouvelle équipe a pris les commandes, ils m’ont rappelé. Mais c’était déjà fini. On trouvait 33 coupe-vent différents sur le marché. J’étais un peu désespéré. Je me disais que seul le nom resterait.
 
FNW : Mais BasicNet, l'actuel propriétaire de la marque, a repris votre produit historique en lui apportant des matières techniques. Qu'en pensez-vous ?

LCD :
Repartir du coupe-vent, c’était la bonne approche. Ils l’ont réinterprété avec les matières techniques d’aujourd’hui. Mais le technique était déjà notre point fort. Nous cherchions toujours les dernières technologies. Nous avions par exemple un textile développé par la Nasa pour nos collections de ski.

Le nouveau flagship K-Way - K-way

FNW : Mais les trentenaires et quarantenaires qui sont clients de la marque aujourd’hui se souviennent d’avoir eu des K-Way enfant. Le volet sport était vraiment important ?

LCD :
Tout en haut de la pyramide, nous équipions l’équipe de France de ski. Nous avions ensuite des produits adaptés à la pratique du vélo, du golf. Sur chaque sport, nous avions une proposition spécifique. Nous avions même repris Eider, qui a ensuite été cédé par les propriétaires italiens. Ensuite, nous avions l’offre de coupe-vent grand public.

FNW : Quelle analyse faites-vous de l'évolution de la gamme de K-Way et du travail réalisé ?

LCD :
Ils ont très bien travaillé le produit original et très bien fait de faire évoluer le positionnement. En plus, en leur donnant ces noms en clin d’œil de Léon et Claude. Ce qui me surprend, c’est qu’aujourd’hui, la marque propose de la maille ou même du maillot de bain. Pour moi, ce n’est pas l’identité de K-Way. Mais c’est l’avantage d’avoir eu 10 à 12 ans d’inactivité de la marque pour repartir. Je trouve qu’ils ont eu une très bonne idée que j’aurais aimé avoir : c’est d’utiliser les couleurs des bandes de la glissière en rappel sur les manches ou en signature. C’est vraiment du bon travail.

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