Lionel Giraud (Vuarnet) : "Nous sommes comme un motoriste qui réalise ses propres voitures"

Pour ses 60 ans, Vuarnet s’offre un magasin amiral à Paris. Fondée en 1957 par l’artisan verrier Roger Pouilloux, rejoint par le champion de ski Jean Vuarnet, la marque est devenue un phénomène de mode dans les années 1990. Un lustre révolu que ses propriétaires entendent retrouver. Placé à la tête de Vuarnet depuis près de deux ans, Lionel Giraud, passé par plusieurs maisons de luxe, détaille pour FashionNetwork les ambitions du Vuarnet nouveau (Voir l'intégralité de cette entretien dans FashionNetwork Premium).
 
Pour Lionel Giraud, la boutique parisienne qui ouvre fin mars doit permettre de présenter l'univers de la marque - DR

FashionNetwork : Vous préparez l’ouverture de votre boutique à Paris. C’est une première pour la marque. Quel est l’intérêt pour vous de réaliser cette ouverture ?

Lionel Giraud :
Ce magasin, c’est presque un caprice. Pour moi comme pour l'ensemble des équipes, cela concrétise notre travail. Nous l’installons là où la marque a vu le jour, rue Boissy-d'Anglas. C’était l’atelier de l’opticien Roger Pouilloux, fondateur de la marque. La vision que j’ai de Vuarnet, va bien au-delà d'un présentoir avec 25 modèles. Nous avons besoin de pouvoir exprimer la totalité de ce que nous avons réalisé depuis bientôt deux ans.

FNW : Justement, qu’avez-vous mis en place depuis que vous avez pris la direction de Vuarnet mi-2015 ?

LG :
Dans les années 1990, la marque réalisait un chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions d’euros. C’était la marque à avoir pour aller skier. Delon porte des Vuarnet dans La Piscine et Miles Davis avait le modèle Glacier. Avec le temps, le management s’est affaibli, en quelques années les licences se sont multipliées, différentes entités ont vu le jour, il y a eu la création de différents logos… toutes les erreurs ont été faites et la marque a entamé une lente descente. Dans les années 2000, elle a été rachetée par Alain Mikli, qui a été l’un des premiers lunetiers créateurs. Lorsqu’en 2013, NEO Investment Partners cède Mikli à Luxottica, il a décidé de conserver Vuarnet. Je suis arrivé à cette époque pour la relancer. En 2015, nous avons racheté l’intégralité des droits de la marque. Il était urgent d’arrêter toutes les licences et de se recentrer sur la lunette.

FNW : Avez-vous engagé cette étape ?

LG : Le premier travail a été de reprendre les fondamentaux et de traduire notre approche dans le produit. Nous avons renouvelé 70 % de notre offre en douze mois. C’était nécessaire. Dans le cadre de la relance, nous n’avions pas le choix, nous ne pouvions pas procéder à un renouvellement sur plusieurs années. C’est un gros travail de création. Mais nous avons eu un coup de pouce inattendu. Dans le dernier James Bond, Daniel Craig porte le modèle Glacier dans une scène. Et c’est justement celle qui s’est retrouvée dans la bande-annonce du film. Cela nous a donné de la visibilité sur le marché américain, mais aussi au Royaume-Uni.

Le modèle Glacier, pièce forte de la collection de la marque - Vuarnet

FNW : Que vous apporte l’ouverture d’une boutique dans le cadre de ce développement ?

LG :
Cela nous permet d’expliquer la production du verre, de raconter l’histoire de la marque. Cela permet de faire toucher du doigt la spécificité du verre minéral pour un client japonais ou du Moyen-Orient. C’est aussi un élément très concret à présenter pour de futurs partenaires.

FNW : Visez-vous d’autres ouvertures de boutiques ?

LG :
Nous réfléchissons à des opportunités dans des lieux qui nous correspondent, dans des sites touristiques à la montagne ou à la mer. Mais ce ne serait pas sur le même type de boutique. L’idée serait d’avoir des boutiques de poche, d'environ 15 mètres carrés, pourquoi pas sous une forme événementielle.

L'intégralité de l'entretien est à lire dans FashionNetwork Premium.

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