Manoush : après la mue, le déploiement

Manoush entre dans une nouvelle ère. Fondée en 2004 par Frédérique Trou-Roy, la griffe féminine haut de gamme a fait un important travail sur elle-même ces dernières années, se mettant en ordre de marche pour une nouvelle phase de développement. Ayant conservé la fantaisie qui l'a fait connaître, la marque a néanmoins tempéré son concept et ses collections pour séduire une nouvelle clientèle.

Silhouette automne-hiver 2017 - Manoush

En se faisant plus quotidienne tout en s'offrant toujours une respiration créative à travers des pièces d'exception, Manoush s'est projetée dans la période actuelle et en récolte aujourd'hui les fruits. Ce nouveau positionnement lui ouvre ainsi aujourd'hui les portes d'un nouveau territoire clé pour son futur : la Chine. Comme nous vous l'annoncions dans FashionNetwork Premium, la griffe a ainsi trouvé un partenaire pour ouvrir une cinquantaine de boutiques en cinq ans, ainsi qu'un e-shop via la plateforme Tmall.

La première franchise Manoush a ainsi ouvert en septembre sur 130 mètres carrés à Chongqing, tandis qu'une dizaine d'autres projets sont enclenchés pour les mois à venir. « C'est un marché primordial qui va nous apporter une belle croissance », explique Julien Kouhana. « Le but est de doubler notre chiffre d'affaires en trois ans grâce à ce marché », affirme le le président de la marque, qui réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros.

Ce ne sera pas le seul chantier international, puisque la griffe fait son retour sur un autre marché important : les Etats-Unis. Une entrée plus modeste, sur le canal multimarque seulement, via un agent, « mais qui générera aussi un peu de croissance », espère le dirigeant. En parallèle, après s'y être implanté en department stores, Manoush ouvrira ses premières boutiques monomarques au Moyen-Orient en 2018. Deux adresses devraient ainsi voir le jour à Doha et Riyad pour le printemps-été 2018. Si l'export pèse aujourd'hui pour 50 % des ventes, cette part devrait, selon les objectifs, passer à 70 %. Comptant sur la croissance chinoise pour lui permettre d'engager de nouveaux investissements, la marque aimerait ensuite ouvrir de nouvelles adresses en propre à Monaco, Londres ou Milan.

Intérieur d'une boutique au dernier concept - Manoush

Mais la marque n'oublie pas pour autant le marché français, vers qui son repositionnement était également tourné. « On était très soir, avec des produits peut-être trop forts... Aujourd'hui, nous avons conservé cette valeur ajoutée sur des robes exceptionnelles par exemple, mais l'ensemble de la collection est davantage tourné vers une femme qui s'habille pour le jour », commente-t-il. La marque propose ainsi de nouveau produits plus accessibles en prix, mais est également passée à un rythme de quatre collections annuelles. 

Résultat : en France, la marque progresse de nouveau depuis la transformation de son parc de huit boutiques. « Notre cliente a beaucoup changé, le panier moyen a augmenté, à 450 euros, car elle achète plus de pièces depuis que nous pensons davantage en termes de look », explique Julien Kouhana. 

Sur le marché français, la marque va également pouvoir bénéficier d'une exposition intéressante cet automne. Elle est en effet partenaire de l'enseigne Monoprix le temps d'une collaboration qui sera lancée le 23 octobre prochain sur le Web et le 25 en magasins. Une large collection qui s'applique à la décoration, à la mode féminine mais aussi enfantine. Une première pour la griffe, qui se sent inspirée par ce segment.

Après avoir signé il y a un an sa première licence produits avec le spécialiste des montres Red Luxury Group, la griffe songe à développer de nouvelles catégories et pourquoi pas autour de l'enfant. L'expansion de Manoush pourrait donc bien passer, outre l'extension du réseau de distribution, par de nouveaux développements produits.

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