Marché de Noël supprimé : les forains suspendent les blocages mais maintiennent la pression

Paris, 7 nov 2017 (AFP) - Les forains, en colère contre la suppression de leur marché de Noël sur les Champs-Élysées, ont suspendu mardi leurs opérations escargot autour de la capitale, mais leur leader, Marcel Campion, a maintenu la pression sur la mairie par un recours en justice.

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Après deux jours de mobilisations qui ont fortement ralenti le trafic autour de la capitale, Marcel Campion a déposé un référé-suspension contre la décision de la mairie de Paris et donné rendez-vous au 14 novembre, date de l'audience, pour décider ou non de nouvelles actions, en fonction de la décision judiciaire.

Après avoir déjà fortement perturbé la circulation en Île-de-France lundi, des dizaines de camions de forains ont repris la route dès l'aube mardi à l'appel de Marcel Campion, 77 ans, promoteur historique des fêtes foraines parisiennes désormais en conflit ouvert avec la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Opérations escargot, barrages filtrants, circulation coupée : les difficultés se sont multipliées toute la matinée sur plusieurs axes autoroutiers (A1, A4, A13, A104) en direction de Paris et sur le boulevard périphérique. Le pic a été atteint vers 9h avec plus de 450 kilomètres de bouchons contre 325 habituellement, selon le site d'information routière Sytadin.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a haussé le ton au sujet des blocages en déclarant à l'issue du conseil des ministres qu'« à un moment donné, ceux qui commettent des choses irrégulières, illégales, doivent aussi s'attendre à être sanctionnés pour cela ».

Les forains ont levé les blocages à la mi-journée sans avoir obtenu gain de cause, mais après avoir déposé dans la matinée leur référé-suspension devant le tribunal administratif de Paris.

Début juillet, le Conseil de Paris avait voté à l'unanimité la fin du marché de Noël tel qu'il existait, actant la non-reconduction de la convention signée en 2015 avec Marcel Campion, arrivée au terme de ses deux premières années.

Marcel Campion juge que la mairie a rompu illégalement cette convention signée au départ « pour six années » et espère que la justice lui donnera raison. Il n'y a aura pas de nouvelles actions des forains d'ici l'audience du 14 novembre, a-t-il précisé sur BFMTV.

Dans leur requête, dont l'AFP a obtenu copie, ses avocats estiment que la décision du Conseil de Paris n'était pas justifiée par un « motif d'intérêt général suffisant ».

« Bernard Arnault, premier des forains »

La mairie de Paris, qui dénonce le « chantage » de Marcel Campion, campe elle sur sa décision en mettant en avant « la qualité médiocre des animations et des produits vendus » par les forains sur ce marché de Noël.

Le premier adjoint Bruno Julliard a précisé mardi qu'il n'y aurait « pas de marché de Noël cet hiver » et que tout restait ouvert pour l'avenir. « Nous ne sommes pas fondamentalement hostiles à un marché de Noël à Paris, pas même sur les Champs-Elysées. Mais nous voulons qu'il soit de qualité », a-t-il expliqué.

Ce nouvel épisode nourrit le feuilleton judiciaire qui empoisonne les relations entre la mairie et Marcel Campion.

La justice s'interroge notamment sur une convention octroyée en 2015 à Marcel Campion pour installer sa célèbre grande roue sur la place de la Concorde. Mis en examen en mai dernier pour recel de favoritisme et abus de biens sociaux, le chef de file des forains a demandé début octobre l'audition de la maire, Anne Hidalgo.

Marcel Campion dénonce par ailleurs l'ouverture en mai prochain d'un grand parc d'attraction dans le Bois de Boulogne au Jardin d'acclimatation, propriété de la mairie de Paris et dont LVMH est le concessionnaire.

Cet accord, passé « en catimini », selon lui, par Anne Hidalgo et Bernard Arnault, PDG de LVMH, doit faire du grand parc de l'ouest parisien le deuxième parc de loisirs français, derrière Disneyland Paris.

« Ils n'ont plus besoin des forains, il est là le complot », a accusé Marcel Campion, qualifiant les élus parisiens de « combinards » qui viennent en plus selon lui de réduire de moitié l'espace occupé par les forains pour la foire du Trône. « Bernard Arnault va devenir le premier des forains de Paris », a-t-il ironisé, lui intimant de « rester dans le luxe ».

Par Alexandre Hielard

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