Pimkie : la direction maintient le plan de départ en rabotant les indemnités

L’avenir des salariés de Pimkie est de plus en plus incertain. Après le rejet du projet par les syndicats majoritaires (CGT et FO), le 5 mars, la direction de Pimkie décide d’engager un plan de départs volontaires unilatéral. Sans garder les derniers accords validés en négociations, mais en revoyant les indemnités à la baisse.


Collection printemps-été 2018 - Pimkie

Selon plusieurs syndicats, la direction a envoyé le soir même aux représentants un document détaillant les modalités du plan de départs concernant 208 postes, qu’elle souhaite dorénavant mettre en œuvre : le socle d’indemnités de 4 000 euros (non proratisé) disparaît totalement, tandis que l’indemnité supralégale relative à l’ancienneté perd 100 euros par tranche. Un plancher a été ajouté, celui-ci est fixé à 30 000 euros. Les avantages liés à la formation sont en outre maintenus, mais l’accord établi pour les 83 salariés qui étaient visés par une clause de mobilité tombe. C’est-à-dire qu’un employé ne souhaitant pas être transféré sur un autre magasin sera licencié pour non-respect du contrat de travail.

« La direction réagit à la non signature de l’accord, livre Guy Bouquet, de la CFE-CGC, qui l’avait signé. Chacun a ses positions. Mais les salariés sont furieux ». Il pointe également le sort éventuel des employés qui, sur critères sociaux, perdront leur emploi même si leur magasin ne ferme pas, par substitution de poste dans la zone d'emploi.

Le document émis par la direction sera présenté officiellement lors d’un comité d’entreprise ce vendredi 8 mars. Celui-ci aurait déjà été envoyé à la Direccte (la Direction régionale des entreprises et de l'emploi), l’organisme chargé d’homologuer ou non ce projet. « La Direccte pourrait rendre sa décision dans 15 jours et si le plan est validé, les réunions pour examiner les demandes des candidats au départ auront lieu en mai », indique Marie-Annick Merceur, déléguée CFDT, dont le syndicat avait lui aussi signé l’accord.

La CGT dénonce de son côté sur son site « un chantage à la signature dans l'objectif d’opposer salariés et syndicats non signataires ». La direction de Pimkie, assurée par le cabinet de retournement d’entreprise Prosphères (à l’œuvre également chez Jules, Brice et Bizzbee), n’a pas souhaité répondre à nos questions, attendant d’avoir présenté ce plan aux représentants des salariés.

En décembre, Pimkie avait annoncé son intention de fermer 37 boutiques et de supprimer 208 emplois afin de redresser la société. La direction avait plié en janvier, délaissant la rupture conventionnelle collective souhaitée pour un plan de départs volontaires.

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