Polémique autour de la combinaison de Serena Williams à Roland-Garros

Le numéro 1 mondial Rafael Nadal a pris lundi la défense des organisateurs de Roland-Garros, qui ont évoqué dernièrement leur projet d'instituer des règles vestimentaires, en réaction à la remarquée combinaison noire portée par Serena Williams lors de la dernière édition du tournoi parisien. « Je pense que chaque tournoi a le droit de faire ce qu'il considère le mieux », a déclaré Rafael Nadal, interrogé à l'issue de sa qualification pour le deuxième tour de l'US Open après l'abandon de son compatriote David Ferrer (6-3, 3-4).


Serena Williams dans sa combinaison remarquée lors de l'édition 2018 de Roland-Garros - AFP/Archives/Christophe Simon

« Quand vous avez un tournoi comme Wimbledon qui fait ce qu'il veut (les joueurs doivent s'y habiller en blanc, ndlr), vous ne pouvez pas dire à un autre tournoi qu'il doit faire autrement, c'est mon opinion », a poursuivi l'Espagnol onze fois vainqueur de Roland-Garros. « Pourquoi, si Wimbledon a ses propres règles, Roland-Garros ne pourrait pas en avoir ? » a-t-il insisté.

« Je crois qu'on est parfois allé trop loin », estimait le président de la Fédération française de tennis (FFT) Bernard Giudicelli dans un entretien à Tennis Magazine dévoilé en fin de semaine dernière. « Cette tenue, par exemple, ne sera plus acceptée », y ajoutait-il à propos de la combinaison ceinturée de fuchsia arborée au printemps par l'Américaine aux 23 couronnes en Grand Chelem. « Il faut respecter le jeu et l'endroit. Tout le monde a envie de profiter de cet écrin. »

Selon le directeur du tournoi, Guy Forget, pas question de verser dans le blanc immaculé comme à Londres où le dress code « s'est durci au fil du temps ». L'idée est plutôt d'interdire les habits dits « plus fantaisistes » au nom de l'élégance, a-t-il affirmé dans un entretien au journal L'Equipe mardi. Exemples : « le fluo d'(Andre) Agassi » (1990), « le tee-shirt jaune de (Gustavo) Kuerten (en 1997) », « le short (à carreaux) de Stan Wawrinka (en 2015) » et la combinaison noire et moulante, avec une ceinture rose, de Serena Williams, donc.

Avant le lancement de l'US Open, Serena Williams avait joué l'apaisement à ce sujet. « Les tournois du Grand Chelem ont le droit de faire ce qu'ils veulent », avait-elle notamment estimé. « Je pense aussi que s'ils savent que certaines choses ont une raison médicale, il n'y a aucune raison qu'ils ne soient pas OK », avait-elle ajouté.

Serena Williams qui disputait à Paris son premier tournoi du Grand Chelem depuis la naissance de sa fille en septembre 2017, avait expliqué que cette combinaison, outre son design novateur, avait des vertus médicales, puisqu'elle favorisait « une meilleure circulation sanguine ». La joueuse de 36 ans a connu des complications médicales après son accouchement avec la formation de caillots sanguins.

Samedi, l'Américaine a rappelé qu'elle avait de bonnes relations avec le président de la FFT qui avait été « vraiment fantastique » lorsqu'elle lui avait expliqué le concept de sa combinaison. « C'est quelqu'un avec qui il est facile de parler (...) toute mon équipe est française, donc nous avons une relation merveilleuse », a insisté Serena Williams, entraînée depuis 2012 par le Français Patrick Mouratoglou. « Je suis sûre qu'on va parvenir à un accord et que tout sera OK, ce n'est pas quelques chose de grave, tout va bien. »

Aux Etats-Unis, les propos de Bernard Guidicelli ont fait grand bruit, certains sur les réseaux sociaux l'accusant notamment de racisme à l'égard de Serena Williams et appelant au boycott de la prochaine édition de Roland-Garros. Des anciens joueurs comme Andy Roddick ou Billie Jean King ont ensuite volé au secours de la tenniswoman.

« On peut retirer le costume d'une super-héroïne, mais on ne peut pas lui retirer ses super-pouvoirs », a même écrit Nike, l'équipementier concepteur de cette combinaison, sur Instagram.

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