Reportage : Dans l'atelier Haute Couture de Christian Dior

Sous les toits du 11 rue François 1er, au cœur du VIIIe arrondissement parisien, on manie ciseaux et aiguilles dans un doux silence. Bienvenue dans l’atelier tailleur de la maison Christian Dior où 25 personnes, dont cinq apprentis, confectionnent les jupes, vestes et pantalons des collections Haute Couture de la griffe fondée en 1947. «  Au moment des collections, les effectifs sont doublés et nous faisons appel à des intérimaires », explique Laurence Morel, la seconde d’atelier tailleur, entrée chez Christian Dior en 1982.


Dans les ateliers tailleur de Christian Dior Couture. - FashionNetwork.com

Trois semaines après le défilé Haute Couture automne-hiver 2018/19 de Christian Dior qui s'est tenu le 2 juillet dernier au musée Rodin à Paris, les premières commandes sont tombées et les couturières s’affairent à la confection de jupes au plissé vertigineux. Le secret règne cependant sur l’identité des clientes, leur nom sur les Stockman, ces mannequins aux mesures des clientes, étant caché des regards indiscrets. Une chose est sûre : la clientèle chinoise est de plus en plus friande de la couture signée Dior, Laurence Morel s’envolera même à la rentrée pour Pékin en vue de réaliser les derniers ajustements directement sur la cliente.
A droite les croquis de Maria Grazia Chiuri pour les défilés Haute Couture automne-hiver 2018/19 et en premier plan un mannequin Stockman avec le nom de la cliente caché. - FashionNetwork.com

Outre les collections Haute Couture, l’atelier reçoit des commandes spéciales telles que des robes de mariées. « Nous en réalisons toute l’année, il n’y a pas de saison pour le mariage », plaisante une des couturières de l’atelier flou, situé un étage plus bas et dédié à la création des robes. Aux manettes, Florence Chehet, la première d’atelier flou qui officie depuis 15 ans dans la maison et chapeaute 32 personnes employées à temps complet. « Chaque couturière se voit confier une robe de A à Z. C’est la façon la plus simple de procéder, même si parfois du renfort est nécessaire car sa confection peut prendre de deux à trois mois », détaille-t-elle. Florence Chehet énumère avec passion toutes les étapes invisibles qui constituent la création de chaque pièce, rappelant que Monsieur Christian Dior souhaitait que ses robes soient aussi parfaites à l’extérieur qu’à l’intérieur, soulignant : « Regardez autour de vous : il n’y a personne sur les machines à coudre car presque tout est cousu main ici ».


Dans l'atelier tailleur de Christian Dior Couture. A droite, le couturier réalise une veste de costume dont la confection durera une quinzaine de jours. - FashionNetwork.com

Installé à leur table, les couturières et couturiers piquent en effet à la main avec dextérité. « Je fais ce métier car j’ai des mains faites pour ça ! Et je le fais pour des collections femme car il y a beaucoup plus de créativité que du côté de l'homme », explique un des couturiers de l’atelier flou, rare représentant de la gent masculine. Pour protéger le fruit de leur travail, certaines pièces sont recouvertes de draps blancs, « la lumière abîme les couleurs, même la lumière de la lune », nous explique-t-on.

Quant à savoir si le changement de direction artistique est une étape difficile à gérer pour les ateliers, la réponse de Florence Chehet est non ! « Chacun est différent. Avec Maria Grazia Chiuri (directrice artistique des collections femme Haute Couture, prêt-à-porter et accessoires de Christian Dior depuis juillet 2016, ndlr), le croquis qu’elle nous montre avant les collections ressemble de façon exacte à la silhouette qui défilera sur le podium. Parfois avec d’autres créateurs, le modèle change tout au long du processus de confection. »


Dans l'atelier flou de Christian Dior Couture, à droite la première d'atelier montre l'intérieur d'une robe Haute Couture munie d'un corset. - FashionNetwork.com

Et peu importe la manière dont travaillent les directeurs artistiques, c’est sous les mains expertes des couturiers et couturières des ateliers que les créations prennent vie. Des mains qui bénéficient de formations de plus en plus pointues. En effet, une couturière de l’atelier tailleur nous confie que s’il y a une vingtaine d’années, les ateliers couture s’intégraient après un CAP ou un BEP couture, la nouvelle génération passe le bac, obtient des diplômes dans des écoles d’art, avant de se former plus spécifiquement aux exigences de la Haute Couture.

A l'occasion des Journées Particulières de LVMH qui se tiendront du 12 au 14 octobre 2018, les ateliers Haute Couture de Christian Dior seront ouverts au public sur réservation, tout comme d'autres maisons du groupe de luxe. 

 
 

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