Reprise par Haeres Equita, Borsalino est prête à se relancer

Après trois années de « turbulences », Borsalino, sauvée, peut enfin regarder l’avenir avec confiance. L’homme d’affaires italo-suisse Philippe Camperio, qui gère l’historique chapelier italien depuis décembre 2015 par le biais d’une formule de location-gérance, a remporté jeudi l'enchère pour l'assignation des actifs de l’entreprise, en mettant sur la table 6,4 millions d’euros.

La marque souhaite faire grimper les ventes de ses chapeaux pour femme

Pendant trois ans, le financier a remis sur pied l’entreprise, à l'époque endettée à hauteur de 30 millions d'euros et placée sous procédure de concordat (équivalent de la procédure de sauvegarde française, ndlr), en recrutant une équipe commerciale, tout en investissant dans des machines de production et dans la communication. En juin 2017, il a acquis, toujours via la société Haeres Equita, dont il est le président exécutif et avec laquelle il pilote le chapelier, la marque Borsalino. L’ancien propriétaire avait vendu la marque à une banque, qui l'a cédée à Haeres Equita pour 17,5 millions d’euros.

Ne restait plus au financier, accouru au chevet de Borsalino fin 2015, qu’à obtenir le feu vert du tribunal pour devenir, au terme du concordat préventif de faillite, le nouveau propriétaire de la totalité de la société. Mais au cours de ces trois ans, Haeres Equita a vu les deux plans concordataires qu’elle a présentés être révoqués par le tribunal, qui a fini par prononcer la faillite de Borsalino en décembre dernier, en mettant ses actifs aux enchères.

« C’est une histoire hallucinante. Mais je préfère laisser ces tumultes derrière nous et regarder de l’avant », nous confie l’entrepreneur, qui vient donc de reprendre le site de production d’Alessandria, dans le Piémont, où se trouve le siège historique du célèbre fabricant. Il reprend aussi la seule boutique en propre de Borsalino, également située dans cette ville, ainsi que tous les contrats des 134 employés de l’entreprise, dont 80 travaillant dans l’usine, et l’ensemble des contrats de location des ses neuf autres boutiques.

Elles sont toutes situées en Italie sauf une, qui est implantée à Paris, rue de Grenelle, destinée à déménager dans un autre quartier. « Notre objectif est d’ouvrir une boutique par an en moyenne. La première ouverture se fera en 2019 à New York, dans le quartier de SoHo », indique Philippe Camperio, qui ne souhaite pas dévoiler la totalité des investissements réalisés dans Borsalino et son sauvetage, avec à la clé aussi notamment le rachat des stocks, etc.

« Nous pouvons désormais activer notre plan de développement, suspendu ces dernières années. Il prévoit trois axes : le produit avec l’introduction de chapeaux plus fashion pour intercepter davantage les millennials et la clientèle féminine, le développement de nouveaux marchés et l’e-commerce avec le lancement de notre nouveau site en septembre-octobre », indique le président exécutif.

Le chiffre d’affaires a atteint 17,5 millions d’euros en 2017. L’Italie représente le premier marché avec 40 % des ventes, suivie par le Japon, où Borsalino va reprendre sa distribution en direct. Le chapelier envisage notamment d’investir en Chine, où il n’est pratiquement pas présent, et de se renforcer aux Etats-Unis, ainsi qu’en Europe.

Borsalino souhaite aussi faire grimper les ventes des collections femme, qui représentent actuellement 32 % du chiffre d’affaires total, à près de 50 %. Enfin, une cotation en Bourse à Milan ou Londres pourrait se concrétiser, mais « pas avant la réalisation de ce plan de développement de cinq ans ».

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