Salon international de la haute horlogerie : un climat plus favorable grâce à l'Asie

Zurich, 12 jan 2018 (AFP) - Le salon international de la haute horlogerie (SIHH) a ouvert ses portes à Genève, sous de meilleurs auspices grâce au redémarrage des ventes en Asie après deux années difficiles pour les fabricants de montres suisses.


Le salon s'ouvre depuis peu au grand public. - SIHH

Pendant cinq jours, les grandes marques de montres, telles que Cartier, Jaeger-Lecoultre ou Audemars Piguet, s'y donnent rendez-vous pour présenter leurs nouvelles collections, donnant le ton pour le secteur du luxe en 2018. « C'est le premier salon de l'année, celui qui donne le "la" de l'année horlogère », a expliqué Fabienne Lupo, la présidente de la Fondation de la haute horlogerie, en charge de l'organisation de l'événement, lors d'une conférence téléphonique.

Pour cette 28e édition, ce salon connu pour son ambiance feutrée change d'échelle. Habituellement centré sur les marques du groupe Richemont, le numéro deux mondial du luxe, ce salon ouvre plus largement ses portes, accueillant cette fois six nouvelles marques, dont la maison française Hermès.

Au total, 35 fabricants de haute horlogerie participent à l'événement, alors qu'ils n'étaient que 16 il y a encore trois ans. La surface d'exposition a été accrue de 20 % pour cette édition, où quelque 20.000 visiteurs sont attendus.

Le salon jusqu'à présent réservé aux détaillants, qui viennent y choisir les pièces qu'ils souhaitent proposer en magasin et passer leurs commandes pour le reste de l'année, continue à s'étendre au-delà du monde des professionnels du luxe. L'an passé, le SIHH avait pour la première fois organisé une journée dédiée au public, moyennant un ticket d'entrée de 70 francs suisses (59,50 euros) et renouvelle l'expérience, espérant cette fois accueillir 5 000 personnes (contre 2 500 en 2017).

Cette fois, le salon entend également toucher la communauté des blogueurs, collectionneurs et le public plus large d'amateurs de montres, en mettant en ligne une application qui leur permet d'assister en direct à des présentations de produits ou à des débats sans avoir à faire le déplacement à Genève.

Cure d'austérité achevée

L'objectif est véritablement de « créer l'événement » autour de la haute horlogerie, a expliqué Fabienne Lupo, à l'heure où les salons ne sont plus le seul et unique moyen pour les horlogers de démarcher les détaillants.

Le salon de Genève est en train de gagner en puissance alors que Baselworld, le vaste salon qui se tient chaque année en mars à Bâle, est en train d'essuyer défection sur défection, de nombreuses marques ayant décidé de bouder ce rendez-vous longtemps considéré comme incontournable, après deux années difficiles.

Après une phase d'expansion spectaculaire, l'horlogerie suisse avait vu sa croissance s'arrêter brutalement, les exportations horlogères chutant de 3,3 % en 2015 et de 9,9 % en 2016, selon les statistiques de la fédération horlogère suisse. Si les statistiques pour l'ensemble de l'exercice 2017 ne sont pas encore connues, les exportations se sont toutefois progressivement redressées depuis mars, alors que les horlogers ont lancé une grande cure d'austérité.

Compression d'effectifs, rachat de stocks invendus, réalignement des collections... Les fabricants de montres suisses ont multiplié les mesures pour reprendre en main la production, beaucoup introduisant des gammes moins onéreuses après des années de courses aux montres de plus en plus chères pendant la période faste.

Cette cure d'austérité a permis d'inverser la tendance, en particulier à Hong Kong et en Chine, où les ventes de montres de prestige avaient dégringolé après l'introduction de mesures de lutte contre la corruption interdisant les cadeaux extravagants.

« Le marché est en train de se redresser avec la reprise en Asie », a noté Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP, estimant que le climat devrait être meilleur sur le salon sans pour autant que les horlogers crient victoire.

« Il ne s'agit pas d'un nouveau boom mais plutôt d'une reprise en douceur », a-t-il nuancé, disant s'attendre à ce que cette embellie progressive se poursuive en 2018. Le salon international de la haute horlogerie se tiendra jusqu'au 19 janvier.

Par Nathalie Olof-Ors

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