Salvatore Ferragamo écarte l'idée d'une cession malgré ses difficultés

Salvatore Ferragamo prendra le temps nécessaire pour se trouver un nouveau directeur général afin de redresser la marque italienne, a annoncé jeudi son président, repoussant du même coup l'éventualité d'une vente. L'entreprise familiale, célèbre pour ses chaussures portées par des icônes d'Hollywood comme Audrey Hepburn, connaît de grandes difficultés et ne parvient pas à renouveler son offre de produits pour attirer une clientèle plus jeune, ni à équilibrer ses ventes et sa rentabilité en chute libre. En 2017, le groupe vient d'annoncer que son résultat opérationnel recule de 28,6 %, à 186 millions d'euros, tandis que le résultat net chute de 42,4 %, à 114 millions d'euros. Des chiffres toutefois non audités.


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Salvatore Ferragamo - Automne-hiver 2018 - Prêt-à-porter féminin - Milan - © PixelFormula

Preuve que le processus risque d'être long, l'entreprise a publié un avertissement sur résultats en décembre dernier, avant de perdre son directeur général, Eraldo Poletto, la semaine dernière, nourrissant les rumeurs sur une vente éventuelle.

« Il est hors de question de vendre la société », insiste son président, Ferruccio Ferragamo, qui a pris de manière temporaire les fonctions de gestion, après que le groupe a annoncé une chute de 23 % des bénéfices au cours de son dernier exercice.

Le groupe florentin a prévenu que les tendances négatives aperçues au cours des derniers mois de 2017 se confirmaient cette année, en raison de taux de change défavorables et du fait que ses magasins d'usine - à prix réduits - réalisaient de meilleures performances que ses magasins normaux.

Le président a annoncé qu'il dirigerait l'entreprise aussi brièvement que possible, mais qu'il prendrait tout de même le temps de sélectionner le bon candidat, qui viendrait de l'extérieur de l'entreprise.

Le groupe n'a pas donné de raison pour expliquer le départ d'Eraldo Poletto, qui dirigeait auparavant la griffe de sacs à main haut de gamme Furla. Plusieurs analystes ont avancé que la famille Ferragamo s'impatientait de voir sa stratégie porter ses fruits et souhaitait un redressement plus rapide.

En février 2017, le groupe avait prévu de faire progresser ses recettes à un taux deux fois supérieur à celui du marché entre 2017 et 2020, grâce à l'augmentation des performances dans ses magasins existants et à la modernisation de ses lignes de produits.

Mais depuis le lancement de son nouveau modèle commercial, les marges de profit du groupe ont continué à chuter, affectées en partie par la remise en ordre des stocks.

Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIDA) de l'an dernier, qui a atteint 249 millions d'euros, correspondait plutôt bien avec l'estimation qu'avait donnée l'agence Thomson Reuters (244 millions). Exprimée en pourcentage des ventes, la marge sur BAIIDA a chuté de 22,5 % en 2016 à 17,8 % en 2017.

L'entreprise a réduit ses dividendes à 0,38 euro par action, beaucoup moins que les 0,46 euro versés sur les résultats 2016.

Depuis l'avertissement sur résultats publié au mois de décembre, les actions Salvatore Ferragamo ont baissé d'environ 4,1 % - mais ont progressé de 2,4 % dans l'indice italien des « blue chips ». Elles se négocient à 28,6 fois leurs bénéfices prévus et sont encore considérées comme chères par de nombreux analystes.

Traduit par Paul Kaplan

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