Sébastien Badault (Alibaba France) : "Nous faisons en priorité confiance aux marques"

Alors qu'Alibaba s'est récemment armé d'une nouveau dispositif anti-contrefaçon ainsi que d'un portail dédié aux marques de luxe, son directeur général France, Sébastien Badault, évoque pour FashionNetwork.com ces nouveaux développements et l'évolution des relations avec les marques (interview à lire dans son intégralité sur FashionNetwork Premium).

Sebastien Badault - Alibaba France

FashionNetwork.com : Quel est l’objectif du nouveau dispositif de lutte contre la contrefaçon « IP Protection Platform » déployé cet été ?

Sébastien Badault 
: Cette plateforme en ligne, accessible par les marques, est en réalité un projet développé de longue date, et qui continue de s’affiner, l’avantage étant que 1 100 marques participent au processus. Pour elles, le bénéfice premier est que, dès que l’alerte est donnée sur un produit, nous le retirons immédiatement de la plateforme. Là où, comme c'est souvent le cas, on demandait avant d’abord à la marque de prouver qu’il s’agissait d’une contrefaçon. C’est désormais au marchand de montrer qu’il s’agit d’un vrai produit. Nous faisons en priorité confiance aux marques. Les produits sont ainsi retirés plus vite. La contrefaçon demeure aujourd'hui un véritable problème, mais il s’est instauré un dialogue important avec les marques.

FNW : JD.com, votre challenger, entend se différencier via une offre plus haut de gamme… Quel est votre sentiment à ce propos ?

SB : Je sais que JD.com lance prochainement une plateforme luxe. Mais, nous, notre plateforme luxe est déjà en place. En août, nous avons lancé en Chine Luxury Pavilion, un espace dédié aux marques de luxe. C’est une boutique à part à l’intérieur de T-mall; seules les marques peuvent vendre dessus, pas les distributeurs. En tant que client, si j’y achète un manteau Burberry ou des produis Baccarat, Dior ou Vuitton, je sais que j’achète à la marque directement. Avec, donc, zéro risque de contrefaçon.

FNW : Percevez-vous un changement de mentalité chez les marques vis-à-vis d’Alibaba ?

SB : Il y a une vraie accélération, ce qui est logique. Sur l’année écoulée, nous avons fait beaucoup d’évangélisation. Car, déjà, beaucoup de marques ne savaient pas qu’elles pouvaient vendre sur nos pages. Et cela porte ses fruits. Nous avons réussi à faire venir un grand nombre de marques. Et nous affinons progressivement les choses. Par exemple, il y a un an, j’aurais donné le feu vert pour l’arrivée de certaines marques. Désormais, avec l’expérience, il nous arrive de décliner, en expliquant pourquoi à leurs dirigeants. Car certaines marques françaises ne sont pas prêtes pour le marché chinois, tant dans la compréhension des attentes que sur le choix des produits.

FNW : Quel est votre objectif en termes de nombre de marques françaises sur la plateforme ?

SB : Nous sommes aux alentours de 250 marques. Je pense que l’on peut facilement doubler ce nombre. Après, ma priorité, c’est de m’assurer que les marques qui viennent chez nous trouvent leur place. Ce qui nous intéresse, à terme, c'est de pouvoir dire qu’elles réalisent une part non négligeable de leur chiffre d’affaires en Chine. Il n’y a pas volonté de multiplier les arrivées de grands noms, mais de montrer que ceux qui viennent rencontrent un vrai succès. Avec, à la clef, des créations d’emplois et de la croissance pour les marques.

Interview à lire dans son intégralité sur FashionNetwork Premium.

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