Syrie : une tente de l'ONU transformée en robe pour ne pas oublier les réfugiés

Ayant un jour abrité des réfugiés syriens, une tente de l'ONU a été transformée en robe qui porte toujours les marques de son histoire dans un camp du nord de la Jordanie.

Sustainable Fashion: Helen Storey

Dress for Our Time, un projet de la professeure de mode Helen Storey, a converti une tente du camp de réfugiés syriens de Zaatari en une longue et large robe à capuche. La tenue, exposée au Salon International d'Aide Humanitaire et de Développement de Dubaï, a pour ambition de présenter la réalité de la vie quotidienne des réfugiés à un public physiquement et politiquement loin de guerre.

Le conflit en Syrie, qui est entré dans sa septième année, a fait plus de 320.000 morts et provoqué le déplacement de plus de la moitié de la population.

« Nous utilisons la mode comme cheval de Troie et à partir de là, nous sommes capables de parler de choses plus sérieuses (...) d'une crise qui nous concerne tous », explique Helen Storey, professeure à l'Université des Arts à Londres. « C'était important pour moi qu'elle (la robe) ait une histoire, c'était réellement le refuge d'une famille. Je pense que c'est ce récit qui donne à l'oeuvre une résonance », poursuit-elle.

La toile avait été jetée lorsque le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait commencé à remplacer les tentes par des cabanes métalliques dans le camp de Zaatari. L'universitaire a préservé la tente dans les conditions dans lesquelles elle l'avait trouvée : une bâche beige frappée du logo bleu de l'agence onusienne sur laquelle on devine quelques mots écrits au feutre orange.

La robe a l'an passé été dévoilée au public, des rues de Londres à celles de Glastonbury, où la chanteuse malienne Rokia Traore l'a porté lors d'un concert. Elle provoquait à chaque fois une réaction, de la confusion à l'amusement, en passant par la curiosité.

« A Londres, beaucoup de gens s'arrêtaient et (la) fixaient », se rappelle l'ambassadrice du projet Louise Owen, qui a porté la robe lors de sa présentation à Dubaï. « Une artiste syrienne ici a fondu en larmes lorsqu'elle m'a vu dans la robe », raconte-t-elle.

La robe et l'histoire qu'elle porte continueront leur périple et ne sont pas voués à retourner dans le camps de Zaatari. « C'est notre partie du monde qui a besoin d'éducation (...), plaide Helen Storey. C'est réellement un outil pour encourager les Occidentaux à être beaucoup moins sur la défensive » lorsque l'on parle de la crise en Syrie.

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