VF Corp détaille son plan pour réduire son impact sur l'environnement

En vue de minimiser l'empreinte environnementale de ses activités, le géant américain VF Corp présentait en décembre dernier sa nouvelle stratégie de développement durable, baptisée Made for Change. Aujourd’hui, le groupe, détenteur d'une vingtaine de marques, dont The North Face, Vans, Timberland, Lee, Napapijri, Wrangler et Dickies, revient pour FashionNetwork.com sur ses ambitions à moyen terme en matière de développement durable. L'achat de la marque néo-zélandaise Icebreaker, de longue date impliquée sur ces sujets, devrait par ailleurs lui apporter quelques atouts supplémentaires.


VF Corp veut utiliser uniquement des énergies renouvelables d'ici 2025. - VF Corporation

La société au 9,5 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2017 a été désignée en décembre comme l’une des plus remarquables du classement Just100 établi par Forbes et Just Capital, qui évalue l’implication sociale des sociétés cotées en Bourse des États-Unis. Peu de temps avant, l’entreprise avait aussi rejoint le programme Fur Free Retailer (label sans fourrure ,ndlr) visant à ne plus commercialiser de fourrure animale.
 
Une initiative que la multinationale cherche à renforcer avec Made for Change. « Ce plan incarne l’évolution de notre stratégie de développement durable et se concentre sur les personnes, la planète et le produit. L’implication de notre équipe de direction nous a permis de fixer des objectifs ambitieux et nous souhaitons à l’avenir nous positionner comme leaders mondiaux du domaine », a expliqué à FashionNetwork.com Anna María Rugarli, directrice de la responsabilité environnementale et sociétale de VF Corp pour la région Europ Moyen-Orient Afrique (EMEA).
 
Parmi ces objectifs, celui d'utiliser 100 % d'énergie d’origine renouvelable dans ses boutiques, mais aussi ses bureaux, ses centres logistiques et de production à travers le monde d’ici 2025. Sur la région EMEA, 42 % de l’alimentation en énergie provient d'ores et déjà de sources renouvelables.
 
Entre 2009 et 2015, le groupe avait par ailleurs réduit de 12,6 % ses émissions de dioxyde de carbone au niveau mondial, soit plus du double de son objectif sur la période. « Dans la région EMEA, nous avons réussi à réduire ces émissions de 23,6 % depuis 2009, alors que la société est en pleine croissance », se félicite Anna María Rugarli, qui est arrivée chez VF Corp en 2010 après avoir quitté Nike.


Anna María Rugarli, directrice du développement durable pour VF Corp EMEA - VF Corp

Lorsqu’elle est arrivée dans l’entreprise, VF ne possédait pas encore de plan environnemental global. « Certaines de nos marques étaient déjà très engagées dans ce sens, mais il n’y avait pas d’effort commun », relève-t-elle. De fait, le groupe reconnu pour ces process organisationnels, n'était pas identifié comme un acteur novateur en termes de RSE. Le ton semble être au changement.
 
Le développement d’une économie circulaire constitue l’un des principaux piliers de Made for Change. En janvier, la multinationale a annoncé une alliance avec l’organisation néerlandaise Circle Economy et s’est engagée à former ses équipes de création en Europe pour que ses produits soient pensés, au moment de leur conception, dans l'idée d'avoir une seconde vie. Grâce à des programmes comme "Clothes the Loop" de The North Face ou "Second chance" de Timberland, VF a réussi à recycler plus de 4 700 kilos de vêtements et 3 200 kilos de chaussures qui ont été récoltés dans son réseau de points de vente mondial.

La durabilité des matériaux est un autre axe de Made for Change. En 2015, jusqu’à un quart des matières utilisées par les différentes marques du groupe venaient de producteurs certifiés biologiques. L’objectif du groupe américain est de réduire de 35 % l'impact environnemental des matériaux utilisés par les différentes enseignes de VF d’ici 2025.

Anna María Rugarli rappelle, à titre d’exemple, le cas de la marque Napapijri : « Grâce à l’innovation dans le domaine des thermofibres, cette marque a pu éliminer l’usage de duvet et de cuir véritable dans la conception de tous ses produits », raconte-t-elle. De son côté, The North Face a créé en 2014 une norme de "responsabilité du duvet", qui certifie que les duvets utilisés ne proviennent pas d’animaux victimes de maltraitance. Plus de 70 marques utilisent aujourd’hui cette certification. Une approche autant stratégique que responsable. Une entreprise réussissant à imposer ses pratiques comme une norme s'offre naturellement un avantage indéniable face à ses concurrents.

Quant à Timberland, elle se fixe pour objectif de n’utiliser que du coton issu de productions biologiques et originaires des États-Unis d’ici deux ans.

Avec son plan Made for Change, VF veut clairement se positionner comme un leader de la transition de l’industrie textile mais, selon Anna María Rugarli, « une entreprise toute seule, même si elle est importante, ne peut pas changer une industrie toute entière. Nous voulons nous assurer que nous joignons nos forces à celles d'autres sociétés du secteur pour arriver aux changements nécessaires ».

Traduit par Clémentine Martin

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