Vents mauvais sur les distributeurs européens

La crise financière et les réductions budgétaires qu'ele a entraîné commencent à peser sérieusement sur l'activité des distributeurs alimentaires européens. On connaît les difficultés de Carrefour qui a vu les ventes de ses hypermarchés français baisser ces derniers mois, à surface comparable. On a appris jeudi que à la fois le belge Delhaize et le britannique Tesco, pourtant cité en référence par les experts du secteur depuis plusieurs années, connaissaient eux aussi des déboires que la période de Noël, pourtant généralement bonne pour la consommation, n'a pas permis d'éviter.

Jeudi, Tesco, numéro un de la distribution britannique, a publié un avertissement sur résultat après avoir annoncé un cinquième trimestre d'affilée de baisse de ses ventes à magasins comparables au Royaume-Uni. Le groupe dit désormais s'attendre à une croissance minimale de son bénéfice d'exploitation pour 2012-2013, alors que le marché attendait une augmentation de 10%. Du coup, le titre de la société a baissé jusqu'à 16% jeudi à la Bourse de Londres.
Ventes de Noël décevantes

Pour Tesco, la situation est d'autant plus cruelle qu'en septembre dernier l'enseigne a annoncé la baisse des prix de 3.000 produits, une initiative baptisée «Big Price Drop» qui représentait un investissement de 500 millions de livres en faveur des consommateurs britanniques. Il apparaît que ses concurrents, comme Sainsbury ou Argos, qui a offert des promotions de 50% sur les jouets avant Noël ont été plus agressifs.

De son côté, le groupe belge de supermarchés Delhaize a annoncé jeudi son intention de supprimer 5.000 emplois après un chiffre d'affaires inférieur aux attentes au quatrième trimestre 2011 aux Etats-Unis et en Belgique. Le distributeur, qui réalise 65% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, prévoit d'y fermer 113 magasins. En outre, 20 magasins devraient être fermés en Bulgarie, en Serbie et en Bosnie-Herzégovine. A magasins comparables, les ventes ont reculé de 0,4% aux Etats-Unis au quatrième trimestre. En Belgique, le repli a été de 1,5%.

PHILIPPE BERTRAND

Le commerce spécialisé français à l'arrêtLes ventes du commerce spécialisé, c'est-à-dire non alimentaire, ont été atones en 2011, une tendance qui pourrait se poursuivre en 2012, a indiqué hier la fédération professionnelle Procos. Le chiffre d'affaires de ses adhérents, qui représentent plus d'un tiers du secteur en France avec des enseignes comme Darty, But ou Conforama, a stagné à 0,1% en 2011 après une progression de 1,6% en 2010. Les six premiers mois de l'année ont été « plutôt bons », avant d'être suivis par « cinq mois très mauvais » et un mois de décembre « meilleur », a affirmé Jean-Luc Bret, président de Procos. En décembre , les ventes ont progressé de 3%, mais avec deux jours ouvrables de plus et une base de comparaison favorable, les ventes de décembre 2010 ayant baissé de 2 % en raison des chutes de neige.

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