Zara : des messages d’ouvriers turcs glissés dans les vêtements

« Je n’ai pas été payé ». C’est en substance l’avertissement que les ouvriers de l’usine turque Bravo Tekstil ont adressé à des clients de Zara, via des étiquettes glissées sur des produits de la marque espagnole dans une de ses boutiques à Istanbul.

Bravotekstil.com.tr

Le procédé n’est pas sans rappeler les étiquettes retrouvées sur des vêtements Primark en juin 2014. Des messages dénonçant des heures supplémentaires forcées non rémunérées, mais qui auraient été en réalité des faux, avait dénoncé l’enseigne après enquête.

Le cas Zara, lui, est bien réel. Le journal Libération a en effet retrouvé l’entreprise Bravo Tekstil, également sous-traitante de Mango et Next, mais qui a fermé du jour au lendemain en juillet 2016. Le patron aurait disparu avec les fonds, laissant sur le carreau 140 employés non rémunérés depuis trois mois. L’outil de production aurait lui été saisi par les créanciers.

Une histoire qu’Inditex, maison mère de Zara, aurait confirmée à Fast Company dans une déclaration écrite. « Inditex a rempli l’ensemble de ses obligations contractuelles envers Bravo Tekstil », indiquerait l’Espagnol. Les salariés, eux, s’estiment cependant floués et entendent élever le débat sur la responsabilité des grandes marques vis-à-vis de leurs petites mains.

« Comme d’autres grandes marques internationales, Zara a signé un accord contraignant qui garantissait les conditions de travail des employés de ses sous-traitants, explique à Libération Asalettin Arslanoglu, président du syndicat Disk Tekstil. En Europe, ils brandissent cet accord et clament : nous sommes une entreprise responsable. Mais ici (…), les petits patrons sont submergés par les commandes de ces grands groupes qui veulent toujours plus de produits de qualité à bas coût. Cela se répercute donc logiquement sur les employés et leurs conditions de travail. »

Forte d'un accès détaxé à l'Union européenne, la Turquie était en 2016 le troisième fournisseur du Vieux Continent en habillement, avec 9,5 milliards d'euros de marchandises, en hausse de 1 %, selon les chiffres de l'Institut Français de la Mode (IFM).

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