John Galliano jugé mercredi à Paris pour des injures à caractère antisémite

PARIS, 19 juin 2011 (AFP) -L'ex-couturier de Dior, John Galliano, jugé mercredi 22 juin par le Tribunal correctionnel de Paris pour injures antisémites, après des altercations avec des clients d'un bistrot parisien, va plaider une dépendance à l'alcool et aux médicaments pour sa défense.

Depuis son départ de Dior, qui l'a licencié après la divulgation de ces événements, John Galliano "ne fait rien", témoigne son avocat, Me Aurélien Hamelle. Ou plutôt si. Il a entamé un combat de taille. Selon son avocat, "il se soigne de son addiction à l'alcool et aux médicaments" et "envisagera son avenir professionnel" après son procès.

C'est le 24 février qu'a basculé la carrière du styliste britannique. Ce soir-là, il est interpellé en état d'ébriété, à la suite d'une dispute survenue un peu plus tôt à la terrasse de la Perle, un bistrot proche de son domicile dans le quartier du Marais. Un couple l'accuse d'avoir proféré des insultes antisémites.

Mené au commissariat, puis relâché, le styliste avait été immédiatement suspendu par la maison Dior, peu friande de ce genre de publicité.



John Galliano
John Galliano à la fin d'un défilé de sa griffe (photo Pixel Formula)


L'affaire fait boule de neige. Une femme affirme avoir, elle aussi, fait l'objet d'insultes de la part de John Galliano dans ce même café le 8 octobre 2010 et dépose plainte à son tour.

Elle dit n'avoir pas souhaité dénoncer ces insultes à l'époque, estimant que les propos du couturier étaient la conséquence d'une consommation excessive d'alcool. Mais elle aurait finalement décidé de dévoiler ce précédent après avoir été informée de la seconde altercation.

Alors directeur artistique de la maison Dior, John Galliano se serait moqué du physique de cette femme de 48 ans, avant de proférer en anglais des insultes à caractère raciste.

Dernier épisode dans cette avalanche: le 28 février, le site internet du tabloïd britannique The Sun dévoile une vidéo pour le moins dérangeante, on y voit un John Galliano, visiblement éméché, insulter des personnes assises à table à côté de lui.

Il leur lance: "J'adore Hitler. (...) Des personnes comme vous seraient mortes. Vos mères, vos pères seraient tous des putains de gazés". La scène se serait déroulée à La Perle le 12 décembre 2010.

"Cette vidéo, où il se voit un peu étrange à lui-même, ça lui a fait un choc", et il a d'ailleurs présenté "ses excuses", assure Me Aurélien Hamelle.

Lors d'une audience de procédure, le 12 mai, plusieurs associations antiracistes - la Ligue contre la Racisme et l'Antisémitisme, le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples et l'Union des Etudiants juifs de France - se sont constituées partie civile aux côtés des trois victimes, le couple et la femme de 48 ans.

Les deux affaires seront jugées en même temps mercredi 22 juin, à partir de 15H30, devant la dix-septième chambre du tribunal correctionnel de Paris.

John Galliano a d'ores et déjà annoncé qu'il serait présent à l'audience. Une centaine de médias internationaux devrait couvrir l'événement.

Cinq personnes devraient en outre venir témoigner, dont trois en sa faveur: se présenteront notamment deux jeunes filles qui étaient assises à ses côtés le soir de l'altercation du 24 février et qui, elles, n'auraient pas entendu de propos antisémites.

A l'inverse, deux amis italiens de la quadragénaire qui aurait été insultée le 8 octobre 2010, ont été cités par le parquet. Ils devraient confirmer la version de la victime.

Pour l'avocat de John Galliano, ces témoignages n'enlèvent pas le fait qu'il subsiste "des doutes sur ce qui a été prononcé". Quant à son client, "il ne s'en souvient pas, car il était dans un état second". Mais ce qu'il sait, c'est que les propos qu'on lui reproche "ne reflètent en rien sa pensée. Il n'est ni antisémite, ni raciste".Par Dorothée MOISAN

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