​Apprentissage : les professionnels du cuir réclament une baisse des coûts de formation

A l’heure où les parlementaires discutent du projet de loi portant sur la réforme de l’apprentissage, la filière française du cuir formule ses propositions visant à réduire le coût des formations, pointant le risque « à court terme » d’une pénurie de main d’œuvre qualifiée dans le secteur.


La France est le 3ème exportateur mondial de cuirs et peaux - CNC

La première de ces propositions est la réduction des coûts liés à l’apprentissage pour les TPE et PME de la filière, souvent découragées par les montants à engager. Si le Conseil national du cuir (CNC) estime que la refonte du système autour d’une aide unique va « dans le bon sens », l’organisme représentatif de la filière en France plaide donc également pour un signal fort sur les coûts. L'organisation souhaite par ailleurs renforcer les modalités d’engagement des apprentis vis-à-vis des TPE et PME, afin de remédier à la "volatilité professionnelle" de ces apprentis.

La troisième proposition est une revalorisation du statut des maîtres d’apprentissage, notamment via une défiscalisation des heures de formation. Enfin, le CNC demande une adaptation de la réglementation sur les conditions de travail en fonction des besoins des entreprises. L’objectif est de rendre les apprentis plus opérationnels et autonomes à l’issue de leur cursus en les formant à l’ensemble des machines et outils qu’ils sont amenés à utiliser.

« Si les pouvoirs publics nous entendent sur ces différents points, nous pourrons nous engager à recruter un nombre significatif d’apprentis et leur garantir une vie professionnelle riche et passionnante, souligne le président du CNC Frank Boehly. Leur avenir et celui de la filière cuir pourront, dans ce contexte, s’envisager durablement. »

 

La réforme de l’apprentissage a soulevé des réactions au sein de nombreuses fédérations du commerce, telles que l’Alliance du commerce, et surtout de l’industrie, comme l’Union des industries textiles (UIT). Le nouveau mode de financement de l’apprentissage prôné par la ministre du Travail Muriel Pénicaud n’a en effet pas été sans soulever quelques inquiétudes, comme nous l’expliquait récemment Xavier Royer, directeur du département "textiles, mode et cuirs" d'Opcalia, l'organisme de collecte des fonds de formation dont le rôle pourrait être bouleversé.

La filière du cuir tricolore regroupe 9 400 entreprises employant 130 000 personnes, et génère 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La France est reconnue comme l’un des leaders mondiaux pour le cuir de veau et les peaux exotiques, et est le 3ème exportateur mondial de cuirs et peaux bruts et d’articles de maroquinerie, ainsi que le 13ème plus gros exportateur de cuirs finis.

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