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3 déc. 2018
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"Gilets jaunes" : les commerces frappés par les violences de samedi

Publié le
3 déc. 2018

Les Parisiens ont découvert dimanche un paysage insolite dans certains quartiers de la capitale, jonchés de carcasses de véhicules incendiés et de restes de barricades, autant de vestiges des violences survenues en marge des manifestations de « gilets jaunes » la veille.


Des restes de la manifestation des gilets jaunes du 1er décembre à Paris - B.TESSIER/REUTERS


Les équipes de nettoyage et les dépanneuses s’activaient dans les rues de ces quartiers, parmi les plus huppés et les plus touristiques, pour redonner à Paris son visage habituel à trois semaines des fêtes de fin d’année.

Les autorités n’ont pas encore évalué le coût des dégâts matériels et l’impact économique des fermetures forcées des magasins lors de ce troisième samedi consécutif de perte de recettes à l’approche des fêtes de Noël. Un point de situation doit être réalisé ce lundi matin à Bercy par le ministre de l'Economie avec les représentants de différentes fédérations patronales.

Boutique McQueen vandalisée rue Saint-Honoré - JPB FashionNetwork


Les violences ont laissé des traces sur la place de l’Etoile, aux abords de l’avenue des Champs-Elysées, sur le boulevard Haussmann et à proximité mais aussi dans d’autres zones, théâtres d’affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Sur la place Vendôme, bordée de prestigieuses boutiques de joaillerie, des équipes de nettoyage ont été réquisitionnées dès 6h du matin. Dans la rue de la Paix, qui y mène, on pouvait encore voir dimanche matin des sapins de Noël incendiés de même que cette inscription sur la boutique d’une maison de luxe : « Bourgeois tremblez ».

« Nous aimons la France et nous reviendrons, bien sûr, mais pas tout de suite », a dit à Reuters Francesca Catella, une touriste venue de Milan pour faire ses achats de Noël. Le samedi c'est une grande partie des zones les plus touristiques de Paris qui ont vécu des moments de guérillas sous le regard médusés des touristes. Ainsi les grands magasins du Boulevard Haussmann ont du être évacués et ont fermé leurs portes en cours de journée pour éviter des désagréments. Des effets très négatifs qu'ont connu nombre d'enseignes sur la place Vendôme donc, mais aussi à proximité de l'Opéra, des Champs Elysées ou encore sur la rue de Rivoli. Plusieurs magasins de marques de mode et de luxe ont ainsi subi des saccages.

Les vitrines d’agences bancaires et des commerces étaient en partie brisées dans les rues les plus touchées. Les engins de dépannage débarrassaient par ailleurs les rues des voitures incendiées, souvent renversées, au nombre de plusieurs dizaines.

Boutique Cavalli rue Saint Honoré - JPB FashionNetwork


Des agents de propreté se sont rendus notamment au pied de l’Arc de Triomphe, dont les piliers ont été couverts de tags pro-« gilets jaunes » et hostiles à Emmanuel Macron.

De retour d’un sommet du G20 à Buenos Aires, le chef de l’Etat s’est rendu sur les lieux, où il a rejoint le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et s’est recueilli sur la tombe du Soldat inconnu.

« Nous sommes choqués, atterrés que des casseurs (...) aient pu s’en prendre aux biens, aux personnes, mais aussi à ces symboles de la République et de notre pacte républicain », a déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Les scènes de chaos observées samedi dans les quartiers chic de Paris ont poussé Emmanuel Macron à organiser une réunion de crise à l’Elysée, où ont été conviés le chef du gouvernement, Edouard Philippe, et les ministres en première ligne.

Le chef de l’Etat a demandé à son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, de réfléchir à « la nécessité éventuelle d’une adaptation du dispositif de maintien de l’ordre dans les jours à venir », selon une source à la présidence. L’exécutif a néanmoins exclu d’instaurer à ce stade l’état d’urgence.

Outre Christophe Castaner, Emmanuel Macron a également mis à contribution Edouard Philippe, chargé d’organiser des consultations à partir de lundi. Le chef du gouvernement recevra la maire de Paris, Anne Hidalgo, puis seront conviés les présidents de groupes et de partis représentés à l’Assemblée nationale, de même que les représentants d’un collectif de « gilets jaunes » se disant prêts à nouer le dialogue, précise-t-on à Matignon.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, au nom du Rassemblement national (ex-Front national) et de La France insoumise, figurent sur la liste des invités, dit-on de même source.


Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, la mobilisation s’est émoussée en ce troisième samedi consécutif, avec 136 000 manifestants à l’échelle nationale, contre 166 000 le 24 novembre et 282 000 le 17 novembre. Au plan national, le bilan s’élève à 263 blessés, dont cinq gravement touchés. Les forces de l’ordre ont placé 630 personnes en garde à vue, dont plus de 370 rien qu’à Paris.

Avec Reuters

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