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"L'amour fou" de Bergé pour Saint-Laurent, documentaire convenu et sans surprise

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AFP
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17 sept. 2010

PARIS, 17 sept 2010 (AFP) - Pierre Bergé, veuf de Saint-Laurent. C'est le sujet de l'"Amour fou", un documentaire attendu et un peu lisse mêlant archives du couturier disparu en 2008, images au ralenti des maisons du couple pendant leur 50 ans de vie commune et témoignages du cercle rapproché.


Pierre Bergé et le défunt Yves Saint Laurent

La vente aux enchères spectaculaire de leur collection d'art et de mobilier au Grand Palais en février 2009, qui a rapporté 342 millions d'euros, sert de fil rouge à un récit chronologique.

D'abord le discours de Saint-Laurent en 2002 annonçant sa retraite, suivi de celui de Bergé lors de ses funérailles : "C'est la dernière fois que je te parle, Yves !". Et le film enchaîne sur des images de l'appartement de la rue de Babylone, alors qu'il contenait encore la célèbre collection d'objets d'art construite à deux, qui devait être dispersée par la suite.

Sur des images du jeune Mick Jagger et d'Andy Warhol en visite dans leur appartement de jeunesse, Bergé narre sa rencontre avec le génie prometteur, qui a connu un immense succès dès ses 20 ans.

Les deux hommes se croisent une première fois à l'enterrement de Christian Dior en 1957. Pour Bergé, il s'agit d'un "signe bienveillant du destin" pour "ces deux âmes qui ne se connaissent pas encore, Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé", ajoute-t-il, parlant de lui à la troisième personne.

Une amie commune organise alors un dîner dans un restaurant de la place Blanche, en présence du peintre Bernard Buffet. Là, ce sont "les premiers éclairs d'un coup de foudre" à la suite duquel ils décident, quelques mois plus tard, de s'installer ensemble.

Lorsque Saint-Laurent quitte Dior, Pierre Bergé et lui décident de monter sa propre marque de couture. "Je vivais une grande histoire d'amour, il n'était pas question pour moi de ne pas tout mettre en oeuvre pour qu'il retrouve une maison", se souvient M. Bergé.

Les muses de Saint-Laurent, Betty Catroux et Loulou de la Falaise, évoquent tour à tour une histoire "passionnelle, avec beaucoup de drames" au sein de ce couple uni. Mais aussi la vie festive et nocturne du couturier, l'acool et les stupéfiants, une histoire désormais bien connue.

Pierre Bergé, lassé de ces excès, quitte l'appartement commun pendant un mois en 1976 puis s'installe, à plusieurs reprises, à l'hôtel Lutetia tout proche. "Le plus loin que je sois allé, finalement, c'est au bout de la rue", commente-t-il.

De longs plans séquences montrent en détail la maison Majorelle, à Marrakech, lieu de villégiature du couple, ou encore leur "datcha" en Normandie, fantasme proustien du couturier qui se faisait d'ailleurs appeler "Swann" dans les hôtels pour rester anonyme.

Au sein du couple, "les rôles étaient distribués depuis le début", sur le travail comme sur le plan sexuel, avance M. Bergé, qui s'occupait de tout pour Saint-Laurent, "un rôle qu'on m'a reproché souvent", dit-il.

Fin de la vente. Tout est parti. La caméra insiste lourdement sur la solitude de Bergé. Regard morne renvoyé à la caméra via un miroir. Les portes du Grand Palais se referment derrière lui.

Par Gersende RAMBOURG

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