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20 sept. 2006
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"Minces, pas malades": les mannequins madrilènes font la moue

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AFP
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20 sept. 2006


MADRID, 19 sept 2006 (AFP) - "Nous sommes minces, pas malades", boudent en coulisses les mannequins de la Pasarela Cibeles à Madrid, qui s'est offerte un coup de pub mondial en excluant les "maigres" pour incitation à l'anorexie.

Grand rendez-vous de la mode madrilène - à couteaux tirés avec sa rivale de Barcelone - mais petit défilé comparé à ses concurrents Paris, New York ou Milan, la Pasarela Cibeles connaît cette année une effervescence inhabituelle.

Sous l'immense chapiteau planté au cour du parc du Retiro, poumon vert de Madrid où se déroule pour la première fois la Pasarela, les filles longilignes qui participent aux défilés veulent avant tout se "concentrer sur le travail".

Critiquée par les professionnels du secteur, saluée par les médecins qui y voient un bon exemple pour lutter contre l'anorexie, l'initiative de Madrid, une première en son genre dans le monde, ne laisse personne indifférent.

Créateurs, organisateurs, mannequins: dans les allées du back stage, l'affaire est sur toutes les lèvres.

Attirés par la polémique, les journalistes, en particulier étrangers, sont plus nombreux que jamais: 100 médias accrédités contre 60 l'an dernier. Italiens et Français ont plus d'yeux pour le tour de taille des filles que pour les collections printemps-été des créateurs, principalement espagnols.

"Je suis avant tout là pour travailler", se lasse de répéter du haut de ses hauts talons Maria Vives, superbe blonde espagnole de 20 ans, tout juste sortie du défilé du créateur espagnol Javier Larrainzar, à une journaliste de l'AFP au bord du torticolis.

La Tchèque Micha et la Roumaine Ana, qui font aussi partie des 48 mannequins sélectionnées cette année, refusent catégoriquement de revenir sur le sujet.

"Les médias ont exagéré", estime Sara de Antonio, une Espagnole de 22 ans, assise à la porte des vestiaires en attendant d'être préparée pour le prochain défilé. "Ce n'est qu'une épreuve de plus du casting", ajoute-t-elle.

Sara, comme Maria, Micha et Ana, a passé avec succès l'épreuve de la balance imposée par la Pasarela et le gouvernement autonome de Madrid, qui co-finance l'événement.

Leur indice de masse corporelle (IMC, le poids en kilos divisé par la taille au carré) s'est révélé supérieur à 18, soit plus de 56 kg pour 1m75, la limite au-dessous de laquelle l'Organisation mondiale de la santé estime qu'une femme n'est pas en bonne santé.

Mais cinq filles ont été recalées. "C'est dommage qu'elles ne soient pas là", regrette Maria. Certaines de ses amies "se sont même pas présentées" par peur d'être considérées comme "des filles malades", confie-t-elle.

Les naturellement maigres sont "écartées d'office" déplore-t-elle, ajoutant: "Je ne suis pas contre la mesure, mais des analyses médicales seraient peut-être plus judicieuses" que le calcul de la masse corporelle.

La directrice de la Pasarela Cibeles, Leonor Perez Pita, tailleur sombre, cheveux noirs rassemblés en un impeccable chignon, est ravie de son initiative.

"Je serais enchantée que cela crée un précédent et que les autres défilés du monde nous imitent", confie cette élégante sexagénaire, mariée à un ancien président du groupe Telefonica, le géant espagnol des télécommunications.

"La Pasarela Cibeles n'a pas besoin de publicité, elle est déjà bien assez connue", répond-elle aux critiques.

Dehors, Rafael et Luis, deux retraités madrilènes, se régalent des défilés diffusés sur un écran géant installé dans l'allée centrale du parc du Retiro.

"Une chose est sûre, celles-ci font plus femmes" que les mannequins filiformes des éditions précédentes. "Elles sont belles".


Par Virginie GROGNOU

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